Home SantéLa surveillance à distance étend les possibilités de soins pédiatriques, avec Alisa Niksch, MD

La surveillance à distance étend les possibilités de soins pédiatriques, avec Alisa Niksch, MD

by Sophie Martin

Publié le 26 octobre 2023 14:35:00. La surveillance à distance des patients pédiatriques, en plein essor, se heurte à des défis de remboursement et d’adoption, mais promet d’améliorer significativement les soins, notamment pour les nourrissons à haut risque. L’optimisation des données transmises aux médecins est au cœur des préoccupations.

  • Les plateformes de surveillance à distance génèrent souvent un volume de données excessif, complexifiant le travail des cliniciens.
  • Le développement d’appareils spécifiquement conçus pour les enfants a pris du retard, obligeant à utiliser des équipements initialement destinés aux adultes.
  • Le remboursement des technologies de surveillance à distance est un facteur clé pour leur adoption généralisée.

La quantité d’informations fournies par les dispositifs de surveillance à distance des patients a longtemps constitué un frein à leur utilisation efficace. Les médecins se retrouvent submergés, perdus dans un flux constant de données provenant de sources multiples. « Les médecins ont des processus de travail bien établis. Nous avons trop de données, dispersées dans trop d’endroits différents, ce qui rend difficile la gestion de leur journée de travail », explique Alisa Niksch, directrice principale des affaires médicales chez Owlet Baby Care.

Selon elle, il est crucial de concevoir des interfaces intuitives, alignées sur les priorités des cliniciens, afin que les données issues des technologies portables et des systèmes de surveillance contribuent à la prise de décision clinique sans les accabler. Il ne s’agit pas de supprimer les données, mais de les rendre exploitables.

Le développement de dispositifs spécifiquement adaptés à la pédiatrie a été ralenti par des contraintes liées à la taille du marché, contraignant les professionnels de santé à recourir à des équipements conçus pour les adultes. « En tant que pédiatre, j’ai moi-même utilisé de nombreux appareils conçus pour des adultes, dans un contexte où ils ne correspondaient pas toujours bien en termes de taille ou de considérations physiologiques », souligne Alisa Niksch.

Pour les nourrissons à haut risque, les dispositifs existants sont souvent encombrants, nécessitent une connexion filaire ou impliquent un effort important de la part des parents pour collecter et transmettre les données. Cependant, les études démontrent que la surveillance à distance améliore les résultats, notamment la survie des patients atteints de ventricule unique et le sevrage de l’oxygène à domicile. Les nouvelles technologies sont conçues pour être plus simples d’utilisation et moins contraignantes pour les familles, tout en soutenant la recherche et l’amélioration des soins.

L’adoption de la surveillance à distance en pédiatrie est étroitement liée aux questions de remboursement. Les oxymètres de pouls, par exemple, bénéficient déjà de codes de facturation établis. Les nouvelles technologies pourraient nécessiter la création de codes supplémentaires. « Du point de vue du remboursement, il existe des codes CPT (Current Procedural Terminology) établis par les Centres pour les services Medicare et Medicaid (CMS) pour diverses tâches liées à la surveillance à distance des patients et, plus particulièrement, au travail des médecins », précise Alisa Niksch. Ces codes varient en fonction de l’assureur et de la région, mais des possibilités de remboursement existent.

Plusieurs obstacles freinent encore l’adoption généralisée de la surveillance à distance en pédiatrie. Certains appareils manquent de connectivité sans fil, limitant ainsi l’innovation. Les établissements de santé peuvent également hésiter à investir dans ces technologies en raison de volumes de patients relativement faibles, malgré les preuves croissantes de leurs avantages économiques et cliniques.

Les pédiatres pourraient être plus réticents à adopter la surveillance à distance que d’autres spécialistes, en raison d’une familiarité limitée avec les appareils disponibles. Cependant, les données probantes concernant les résultats cliniques s’accumulent, et les modalités de remboursement se précisent. Les parents, quant à eux, recherchent des technologies plus conviviales, qui réduisent la saisie manuelle des données. « De nombreux parents souhaitent des technologies sans fil, sans adhésifs, faciles à utiliser et qui permettent une collecte de données passive », conclut Alisa Niksch.

Divulgation : Alisa Niksch est directrice principale des affaires médicales chez Owlet Baby Care.

You may also like

Leave a Comment

This site uses Akismet to reduce spam. Learn how your comment data is processed.