Les taux d’intérêt obligataires à l’échelle mondiale sont en baisse, portés par un mouvement de recherche de placements plus sûrs, les obligations d’État britanniques (Gilts) ouvrant la voie. Cette tendance intervient alors que les inquiétudes concernant la santé du secteur bancaire américain s’intensifient, poussant les investisseurs vers des actifs considérés comme moins risqués.
Jeudi, les rendements des obligations d’État américaines à 10 ans sont tombés sous la barre des 4 %, et ont même glissé en dessous de 3,4 %, atteignant des niveaux inférieurs à ceux observés juste après la levée des restrictions financières de mars dernier. Cette chute suggère que les marchés anticipent désormais que la Réserve fédérale américaine (Fed) pourrait devoir abaisser ses taux d’intérêt en deçà du seuil considéré comme neutre.
L’élément déclencheur de cette nouvelle fuite vers la sécurité est lié aux craintes concernant des risques de crédit non révélés au sein des banques régionales américaines. L’indice boursier de ce secteur a chuté de 6 %, bien qu’il ne soit pas encore clair si ce repli reflète un problème systémique plus large ou simplement une réaction excessive des marchés.
Parallèlement, la fermeture administrative aux États-Unis a contribué à un climat de méfiance, exacerbé par les rumeurs de licenciements massifs au sein de la fonction publique, dans un contexte général d’inquiétudes concernant le marché du travail. Cependant, cet arrêt a également limité la publication de nouvelles données économiques significatives, ce qui a retardé une baisse plus marquée des taux jusqu’à présent.
Cette recherche de valeur refuge a également des conséquences pour les obligations allemandes (Bunds), qui confirment leur statut d’investissement sûr avec des rendements encore plus faibles que les taux d’échange (swaps). Les Gilts britanniques sont les grands gagnants de la semaine, avec une baisse d’environ 20 points de base. Toutefois, la publication imminente du budget d’automne britannique pourrait entraîner une nouvelle volatilité sur ce marché.
Bien que fortement corrélées aux bons du Trésor américain, les Gilts n’ont pas suivi la baisse des rendements américains ces derniers mois, restant obstinément autour de 4,6 %. Cette résistance s’explique en partie par la politique monétaire plus restrictive de la Banque d’Angleterre, qui ne prévoit pas de baisses de taux aussi rapides que la Fed. De plus, une prime de risque spécifique aux obligations d’État britanniques contribue à maintenir les rendements élevés, mais celle-ci devrait diminuer avec une plus grande clarté concernant les finances publiques.
L’écart entre les rendements des Gilts et les taux swaps s’élève actuellement à 62 points de base, supérieur aux 48 points de base observés pour les bons du Trésor américain. Récemment, les spreads des Gilts ont évolué en parallèle avec ceux des obligations d’État françaises, mais contrairement à l’UST et au Bund, ils ne se sont pas resserrés. Au cours de l’année écoulée, les spreads des Gilts ont été plus étroitement corrélés à ceux des obligations d’État italiennes qu’à ceux des bons du Trésor ou des Bunds.
Malgré les défis budgétaires auxquels le Royaume-Uni est confronté, les experts estiment que les rendements des Gilts devraient baisser à moyen terme. La prime de risque actuelle de 20 points de base par rapport aux bons du Trésor américain à 10 ans semble excessive, d’autant plus que les finances publiques américaines sont également sous pression. Une fois que le budget de novembre aura apporté plus de certitude, la volatilité des Gilts devrait diminuer, ce qui contribuera à réduire cette prime de risque.
Les Gilts ont récemment montré une plus grande convergence avec les obligations françaises qu’avec les obligations allemandes.
Événements de vendredi et perspectives du marché : La journée s’annonce calme en termes de publications de données. Pour la zone euro, seuls les chiffres définitifs de septembre sont attendus, mais ils ne devraient pas entraîner de changements significatifs. En raison de la fermeture administrative aux États-Unis, aucune donnée notable ne devrait être publiée de ce côté de l’Atlantique. Plusieurs responsables de banques centrales prendront la parole : Pill, Greene et Breeden de la Banque d’Angleterre, Nagel et Rehn de la Banque centrale européenne, et Musalem de la Fed.
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