L’essor du coaching, un secteur en plein boom, s’accompagne d’une multiplication des dérives et des pratiques abusives. Un député socialiste propose un encadrement plus strict de la profession pour protéger les consommateurs face à des risques potentiels pour leur santé, leur bien-être et leurs finances.
La mission interministérielle Miviludes, chargée d’observer et d’analyser les phénomènes sectaires en France, tire la sonnette d’alarme. Selon Patrick Prévot, certains coachs exercent une influence excessive sur leurs clients, allant jusqu’à modifier leur comportement ou les isoler. « Quand une profession n’est pas réglementée ni encadrée, l’offre sera différente en fonction du fait que l’on tombe sur quelqu’un qui dispose des titres requis ou sur quelqu’un qui s’est improvisé coach », explique-t-il.
Les risques sont concrets, souligne M. Prévot. Un coach sportif non qualifié pourrait entraîner des blessures, tandis qu’un pseudo-coach de vie pourrait induire des erreurs de jugement dans des décisions personnelles importantes. D’autres, plus simplement, facturent des prestations inefficaces. « Un coach sportif non formé pourrait pousser quelqu’un à la blessure », estime-t-il. « Un pseudo-coach de vie peut orienter dangereusement des décisions personnelles, et d’autres continuent de facturer des séances inutiles. »
Face à cette situation, le député socialiste a déposé à l’Assemblée nationale une proposition de résolution visant à demander au gouvernement d’encadrer plus rigoureusement le secteur du coaching. Ce texte, non contraignant, plaide pour la définition d’un cadre clair et cohérent, ainsi que pour l’adoption de mesures rapides afin de contrer les abus constatés.
La proposition de résolution contient douze recommandations. Parmi celles-ci figurent la création d’un code NACE (nomenclature statistique des activités économiques dans la Communauté européenne) spécifique pour identifier plus facilement la profession, le renforcement du Centre d’avis sur les organisations sectaires nuisibles (CIAOSN), la réalisation d’une enquête sectorielle par l’Inspection économique, et l’élaboration d’un code de conduite en collaboration avec les fédérations professionnelles. « J’ai mis douze recommandations très claires », précise Patrick Prévot. « Certaines ne coûtent rien. Si la majorité veut retirer celles qui ont un impact budgétaire, je suis prêt à travailler de manière constructive. »
La résolution a été présentée en commission parlementaire, où tous les groupes politiques ont sollicité des avis écrits. À ce stade, les personnes estimant avoir été victimes de pratiques commerciales trompeuses ou abusives dans le domaine du coaching sont invitées à les signaler au Service public fédéral Économie via la plateforme ConsumerConnect.
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