Publié le 19 octobre 2025 01:59:00. Les traitements contre le cancer du sein ont connu une révolution ces dernières années, notamment grâce à de nouvelles thérapies pour les formes métastatiques, bien que celles-ci ne soient pas encore curables. Des avancées significatives sont observées, adaptant les soins en fonction des spécificités de chaque type de tumeur.
- Trois femmes sur dix atteintes d’un cancer du sein développeront des métastases, et entre 5 et 6 % sont diagnostiquées à un stade métastatique dès le départ.
- Les thérapies anti-HER2, les inhibiteurs de cyclines et l’immunothérapie ont radicalement amélioré l’évolution de la maladie, tant en phase néoadjuvante qu’adjuvante (avant et après la chirurgie).
- L’activité physique est devenue un allié majeur pour les patientes, améliorant leur tolérance aux traitements et leur qualité de vie.
Le traitement du cancer du sein a subi des transformations majeures ces dernières années, en particulier grâce au développement de médicaments ciblant les formes métastatiques. Si la guérison complète reste un défi pour ces patientes, les perspectives s’améliorent considérablement.
Selon l’Association Espagnole du Cancer du Sein Métastatique (CMM), environ 30 % des femmes atteintes d’un cancer du sein verront leur maladie évoluer vers des métastases. Dans 5 à 6 % des cas, le diagnostic de métastases est posé dès le début de la maladie. Les progrès thérapeutiques, qu’ils soient administrés avant ou après la chirurgie (phases néoadjuvante et adjuvante), ont profondément modifié le pronostic de cette pathologie.
La Dre Lucía González Cortijo, chef du service d’oncologie médicale de l’hôpital universitaire Quirónsalud Madrid, explique que les patientes sont désormais traitées différemment en fonction de trois grands groupes de tumeurs : les tumeurs luminales (sensibles aux hormones), les tumeurs HER2 et les tumeurs triples négatives.
Pour les tumeurs luminales, l’association des inhibiteurs de cyclines à une hormonothérapie offre un « bénéfice significatif en termes de survie en cas de maladie métastatique, que nous avons pu transposer dans le contexte adjuvant, ce qui permettra à davantage de femmes atteintes de ce type de tumeur d’éviter une récidive et de guérir ».
Les tumeurs HER2 positives représentent un exemple frappant de l’impact des thérapies ciblées. « Dans le cas des anti-HER2 (trastuzumab/pertuzumab, TDM1, Trastuzumab-Deruxtecan), nous avons constaté une amélioration spectaculaire de la guérison, en particulier pour les tumeurs très agressives », souligne la Dre González Cortijo.
Concernant les tumeurs triples négatives, considérées comme les plus redoutées par les patientes, l’introduction de l’immunothérapie a transformé l’approche de ce sous-type tumoral.
Le cancer du sein triple négatif est particulièrement agressif car il ne présente pas les trois récepteurs habituels (œstrogènes, progestérone et protéine HER2). Jusqu’à récemment, la chimiothérapie était le seul traitement disponible pour les plus de 5 000 femmes touchées chaque année en Espagne, mais elle est souvent associée à une toxicité importante, tant physique que psychologique.
Le principal défi reste la récidive. « Il ne faut pas oublier que 30 % des patientes atteintes d’un cancer du sein verront leur maladie réapparaître et ne seront pas guéries », rappelle l’oncologue. Bien que les traitements prolongent la vie, de nombreuses femmes rechutent rapidement et leur pronostic reste sombre.
Environ 15 % des patientes atteintes d’un cancer du sein développeront des métastases à un moment donné de leur vie, et 6 à 10 % des cas sont diagnostiqués comme métastatiques dès le départ.
La Dre González Cortijo insiste sur l’importance d’une prise en charge globale et personnalisée, dès le début, sans pour autant angoisser ou stigmatiser les patientes. L’encouragement à adopter un mode de vie actif, une alimentation équilibrée et l’exercice physique régulier sont essentiels.
L’ exercice physique est devenu un atout majeur pour de nombreuses femmes, qui constatent qu’il améliore leur tolérance aux traitements et qu’elles l’intègrent durablement dans leur quotidien.
Rute Alvarez, directrice médicale d’oncologie chez MSD España, souligne la nécessité d’élargir le regard, de dépasser les approches traditionnelles et de se concentrer sur les réalités spécifiques de chaque patient, afin de favoriser un accompagnement humain, global et personnalisé.
La campagne #MaticesQueImportan vise à « changer la façon dont la société et le système de santé perçoivent le cancer du sein. Au lieu de parler de cette maladie de manière générale, nous devons tenir compte du fait que nous traitons de multiples types de tumeurs, de moments de vie, de personnes et d’expériences différents ».
L’objectif est de rendre visible le fait qu’il n’existe pas une seule façon de vivre le cancer du sein. « Chaque patiente traverse son propre processus, avec des besoins et des défis spécifiques, et c’est précisément pour cette raison qu’il est si important de promouvoir un regard plus large, empathique et personnalisé sur la maladie ».
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