Home SantéIntégration de la thérapie GLP-1, progrès des soins CSU et élargissement de l’accès

Intégration de la thérapie GLP-1, progrès des soins CSU et élargissement de l’accès

by Sophie Martin

Publié le 26 octobre 2025 14h09. Les dermatologues sont de plus en plus appelés à considérer l’obésité comme un facteur clé dans les maladies inflammatoires de la peau, notamment le psoriasis et l’urticaire chronique, et à intégrer de nouvelles options thérapeutiques, y compris des médicaments ciblant le métabolisme.

  • Les agonistes des récepteurs GLP-1, initialement conçus pour traiter le diabète, pourraient améliorer significativement les symptômes du psoriasis chez les patients en surpoids ou obèses.
  • La prise en charge de l’urticaire chronique (UC) revient progressivement au sein des cabinets dermatologiques, grâce à une meilleure compréhension de ses mécanismes auto-immuns et à l’arrivée de nouvelles thérapies ciblées.
  • L’avenir des soins dermatologiques s’oriente vers un modèle hybride combinant consultations en présentiel et télémédecine, pour un accès plus large et une meilleure prise en charge des patients.

Selon le Dr Serota, il est crucial pour les dermatologues de reconnaître l’obésité non pas comme un simple facteur de risque, mais comme une maladie inflammatoire chronique à part entière. Cette inflammation peut exacerber les affections cutanées telles que le psoriasis.

« Si votre patient est en surpoids ou obèse, il mérite de se voir proposer un agoniste des récepteurs GLP-1, qu’il souffre ou non de psoriasis. Mais dans le monde de la dermatologie, la combinaison de ces 2 thérapies donne de meilleurs résultats. »

Dr Serota

L’explication réside dans le fonctionnement des adipocytes hypertrophiés, qui subissent une hypoxie et une nécrose, entraînant la libération de cytokines pro-inflammatoires. Ces substances peuvent alimenter l’inflammation à la fois systémique et cutanée. En réduisant la masse graisseuse et en atténuant la signalisation inflammatoire, les agonistes des récepteurs GLP-1 favorisent non seulement la perte de poids, mais peuvent également indirectement diminuer l’activité du psoriasis. Le Dr Serota insiste sur l’importance d’une approche globale : « Nous voulons cibler et traiter les deux affections pour donner aux patients les meilleurs résultats, non seulement pour leur peau, mais aussi pour leur santé à long terme. »

Parallèlement, les dermatologues reprennent progressivement en charge les cas d’urticaire chronique (UC). Historiquement orientés vers les allergologues, les patients atteints d’UC sont désormais considérés comme souffrant d’un processus auto-allergique ou auto-immun, plutôt que d’une réaction à un allergène externe.

« Vous pouvez diagnostiquer l’UC dans le cabinet de dermatologie – définie comme une urticaire durant plus de 6 semaines, avec des lésions individuelles disparaissant dans les 24 heures – et désormais les traiter en toute confiance. »

Dr Serota

Si l’omalizumab a longtemps été le traitement de référence, de nouvelles options thérapeutiques ont vu le jour. Le dupilumab a été approuvé par la FDA pour le traitement de l’UC, et le remibrutinib, le premier inhibiteur oral de BTK approuvé pour cette indication, offre une alternative supplémentaire. « Nous disposons désormais de thérapies dirigées que les dermatologues sont à l’aise de prescrire », souligne le Dr Serota.

Enfin, l’année prochaine sera marquée par une évolution des modèles de prestation de soins. La pandémie de COVID-19 a accéléré l’adoption de la télésanté, mais le secteur s’oriente désormais vers un équilibre entre les consultations virtuelles et les visites en personne. Des partenariats se développent entre les laboratoires pharmaceutiques, les employeurs et les systèmes de santé pour élargir l’accès à des spécialistes certifiés via la télémédecine. Ce modèle hybride permettra de dispenser les soins de routine et le suivi à distance, tout en réservant les consultations en présentiel aux procédures et aux cas complexes. « Il ne s’agit pas uniquement de télémédecine ou de soins en personne », conclut le Dr Serota. « Nous assistons à une tendance majeure et à un changement majeur dans le secteur des soins de santé où tout n’est pas uniquement une question de télémédecine, ce n’est pas uniquement une question de soins en personne, c’est une combinaison de ces 2 choses. »

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