Madrid, le 31 octobre 2025. En Espagne, le médicament Ozempic, initialement conçu pour traiter le diabète de type 2, est devenu la méthode la plus populaire pour perdre du poids, dépassant même les régimes traditionnels, selon une récente étude.
- Ozempic est désormais privilégié par près de 19 % des Espagnols souhaitant mincir.
- Les femmes et les personnes ayant déjà échoué avec d’autres régimes sont les plus susceptibles d’utiliser ce médicament.
- Des experts mettent en garde contre le risque de reprise de poids après l’arrêt du traitement, soulignant l’importance de changements de style de vie durables.
L’étude « Santé et modes de vie » de l’assureur Aegon révèle une augmentation spectaculaire de l’utilisation d’Ozempic pour la perte de poids. En un an seulement, son adoption a presque doublé, propulsée en partie par le témoignage de résultats impressionnants partagés sur les réseaux sociaux. Les médecins espagnols prescrivent de plus en plus ce médicament, notamment dans la prise en charge de l’obésité.
Ozempic agit en inhibant la sensation de faim et en procurant une satiété prolongée après les repas, ce qui conduit naturellement à une réduction de l’apport calorique. Si l’amélioration ou le maintien de la santé reste la principale motivation pour perdre du poids chez les Espagnols (60 % des répondants), l’attrait d’Ozempic est indéniable.
Les régimes traditionnels, bien que toujours populaires, sont désormais relégués au second plan. Le régime cétogène, qui implique une restriction sévère des glucides, arrive en deuxième position avec 18 % d’adeptes, suivi du régime dissocié (17 %), qui consiste à ne pas combiner protéines et glucides au même repas. Le jeûne intermittent, une pratique de plus en plus répandue, occupe la quatrième place avec 14 %.
L’étude d’Aegon met en évidence un profil type de l’utilisateur d’Ozempic : il s’agit majoritairement de femmes et de personnes ayant déjà tenté divers régimes sans succès durable. Ces individus, souvent insatisfaits de leur apparence, se tournent vers ce médicament en dernier recours, ou pour ceux qui considèrent leur alimentation comme déséquilibrée.
Au-delà des considérations esthétiques et de santé, des motivations plus inattendues émergent. Près de 13 % des personnes interrogées évoquent des préoccupations environnementales et le bien-être animal, optant pour des régimes alimentaires à base de plantes ou réduisant leur consommation de viande. Des raisons financières (10,7 %) et la pression sociale (9,6 %) sont également mentionnées, bien qu’elles soient traditionnellement moins associées à la perte de poids.
Cependant, l’étude souligne un manque de suivi professionnel. Moins de la moitié des personnes utilisant des méthodes de perte de poids bénéficient des conseils d’un professionnel de santé, et ce chiffre est en légère baisse par rapport à l’année précédente. Si le médecin généraliste reste la source d’information privilégiée (44 %), les diététiciens et autres spécialistes sont également consultés par 36 % des personnes.
Les chercheurs s’inquiètent de la part croissante de personnes qui s’appuient sur les conseils d’amis (9 %), de célébrités ou d’influenceurs (6,5 %), ou sur les informations trouvées sur les médias sociaux (4,6 %). L’impact de l’intelligence artificielle, comme ChatGPT, sur les choix alimentaires n’a pas encore été étudié.
Enfin, certains professionnels de santé mettent en garde contre le « piège Ozempic ». Le Dr Jan Otto Landman explique sur son site internet : « Il a été constaté que les personnes qui ont arrêté de prendre un inhibiteur du GLP-1 [dont Ozempic] reprennent en moyenne les deux tiers du poids perdu dans l’année qui suit. L’appétit et le métabolisme reviennent à leur niveau initial. La seule façon d’éviter ce cycle est d’adopter des changements de style de vie durables ! »
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