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Plus de la moitié des Allemands sont concernés

by Sophie Martin

Publié le 5 novembre 2025 à 06h05. À l’approche de l’hiver, les experts tirent la sonnette d’alarme : les niveaux de vitamine D chutent chez une part croissante de la population, avec des conséquences potentielles sur la santé, exacerbées par les changements de mode de vie depuis la pandémie.

  • Plus de 35 % des Allemands souffraient d’un déficit en vitamine D pendant la pandémie, contre près de 31 % avant la crise sanitaire.
  • Un apport insuffisant en vitamine D, défini par des taux de sérum inférieurs à 20 µg/l (environ 50 nmol/l), concerne plus de 60 % de la population allemande selon la Société allemande de nutrition (DGE).
  • La production de vitamine D par l’organisme est compromise par le manque d’exposition au soleil, notamment en hiver et avec l’augmentation du travail à domicile.

La vitamine D, souvent surnommée « vitamine du soleil », est essentielle au bon fonctionnement de l’organisme. Son déficit, de plus en plus répandu, suscite l’inquiétude des professionnels de santé. Une étude récente, publiée dans Communications Natural, révèle une augmentation significative des carences depuis la pandémie de Covid-19. Les confinements successifs, le développement du télétravail et la modification des habitudes de loisirs ont contribué à réduire l’exposition au soleil, principale source naturelle de cette vitamine.

Avant la crise sanitaire, environ 31 % des Allemands présentaient des niveaux de vitamine D insuffisants. Ce chiffre a grimpé à plus de 35 % pendant la pandémie. La Société allemande de nutrition (DGE) estime même que plus de 60 % de la population allemande ne bénéficie pas d’un apport suffisant en vitamine D. Un taux de sérum inférieur à 20 µg/l (soit environ 50 nmol/l) est considéré comme un signe de carence. L’Institut Robert Koch (RKI) établit un seuil légèrement plus bas, à 30 nmol/l ou 12 µg/l, pour parler de véritable carence.

La production de vitamine D dépend directement de l’exposition aux rayons ultraviolets B (UV-B) du soleil. Lorsque la lumière solaire frappe la peau, elle déclenche une série de réactions chimiques qui transforment une forme inactive de vitamine D en sa forme active. L’Office fédéral de radioprotection (BfS) explique que ce processus est essentiel pour maintenir des os solides et un système immunitaire performant.

Cependant, plusieurs facteurs limitent la production de vitamine D en Allemagne. La latitude géographique du pays, plus septentrionale que celle des pays du sud, réduit l’intensité du rayonnement solaire, notamment en hiver. De plus, le mode de vie moderne, avec une part croissante de la population travaillant à l’intérieur et passant moins de temps à l’extérieur, contribue à la diminution de l’exposition au soleil. Les chercheurs de l’Université Ludwig Maximilian de Munich soulignent que les confinements et les changements de comportement liés à la pandémie ont exacerbé ce phénomène.

L’alimentation ne suffit généralement pas à couvrir les besoins en vitamine D. Selon la DGE, l’apport alimentaire moyen est de seulement 2 à 4 microgrammes par jour, alors que les besoins quotidiens sont estimés à environ 20 microgrammes. Certains aliments peuvent en contenir, mais en quantités limitées.

Un manque de vitamine D peut avoir des conséquences néfastes sur la santé. La DGE souligne que cette vitamine est essentielle à de nombreux processus biologiques, notamment le métabolisme du calcium et du phosphore, ainsi que la santé des os et des muscles. Chez les enfants, une carence sévère peut entraîner le rachitisme, une maladie caractérisée par un ramollissement des os. Chez les adultes, elle peut augmenter le risque de décalcification osseuse, de faiblesse musculaire, d’infections et de douleurs osseuses, voire d’ostéomalacie et d’ostéoporose.

Pour corriger une carence en vitamine D, il est essentiel de s’exposer régulièrement au soleil. Le BfS recommande d’exposer le visage, les mains et les bras à découvert au soleil pendant environ douze minutes, deux à trois fois par semaine. Il est important de noter que l’application de crème solaire peut bloquer les rayons UV-B nécessaires à la production de vitamine D. Le dermatologue Jörg Reichrath explique que l’utilisation de crème solaire empêche la synthèse de vitamine D dans la peau. Pendant les mois d’hiver, lorsque l’exposition au soleil est limitée, il peut être judicieux de prendre des suppléments de vitamine D, en respectant les dosages recommandés et le moment optimal de prise. Un excès de vitamine D peut également être nocif pour l’organisme.

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