Publié le 5 novembre 2024 à 14h32. Une vaste méta-analyse révèle un lien significatif entre plusieurs infections virales courantes – grippe, Covid-19, hépatite C et zona – et un risque accru d’événements cardiovasculaires majeurs, soulignant l’importance de la prévention vaccinale.
- La grippe est associée à un risque accru de crise cardiaque (multiplié par 4) et d’accident vasculaire cérébral (multiplié par 5) dans le mois suivant l’infection.
- Le VIH, l’hépatite C, le zona et le SARS-CoV-2 sont également liés à un risque plus élevé de maladies cardiovasculaires, bien que dans une moindre mesure que la grippe et le Covid-19.
- Les chercheurs insistent sur le rôle potentiel des vaccins dans la prévention des maladies cardiovasculaires, en particulier chez les personnes présentant des facteurs de risque préexistants.
Une étude menée par des chercheurs de l’Université de Californie à Los Angeles (UCLA) et publiée dans le Journal de l’American Heart Association (AHA) a analysé les données de 155 études observationnelles portant sur le lien entre infections virales et maladies cardiovasculaires. Cette méta-analyse, qui couvre la période de 1997 à juillet 2024, met en évidence une association troublante entre certaines infections et un risque accru de crises cardiaques et d’accidents vasculaires cérébraux.
« Il est bien établi que des virus comme le virus du papillome humain (VPH) et le virus de l’hépatite B peuvent provoquer des cancers, mais le lien entre les infections virales et d’autres maladies non transmissibles, telles que les maladies cardiovasculaires, est moins bien compris », explique le Dr Kosuke Kawai, auteur principal de l’étude, dans un communiqué de presse de l’AHA.
Les résultats de l’étude montrent que la grippe est particulièrement préoccupante, avec un risque accru de quatre fois de crise cardiaque (IRR 4,01) et de cinq fois d’accident vasculaire cérébral dans les 30 jours suivant l’infection. L’infection par l’hépatite C est associée à un risque accru de maladie coronarienne (RR 1,27) et d’accident vasculaire cérébral (RR 1,23), tandis que le VIH est lié à un risque plus élevé de maladie coronarienne (RR 1,60) et d’accident vasculaire cérébral (RR 1,45). Le SARS-CoV-2 présente également un risque accru de maladie coronarienne (RR 1,74) et d’accident vasculaire cérébral (RR 1,69). Enfin, le zona est associé à un risque plus élevé de maladie coronarienne (RR 1,12) et d’accident vasculaire cérébral (RR 1,18).
Les chercheurs expliquent que les infections virales déclenchent une réponse immunitaire qui libère des substances inflammatoires et favorise la formation de caillots sanguins. Ces processus peuvent persister longtemps après l’infection initiale, augmentant ainsi le risque de complications cardiovasculaires. Bien que le risque soit plus faible pour le VIH, l’hépatite C et le zona que pour la grippe et le Covid-19, le Dr Kawai souligne que ces risques restent « cliniquement pertinents, notamment parce que ces trois virus persistent pendant une longue période ». Il ajoute que, compte tenu de la prévalence du zona – qui touche environ un tiers de la population au cours de sa vie – « le risque élevé associé à ce virus se traduit par un grand nombre de cas excédentaires de maladies cardiovasculaires au niveau de la population ».
L’étude conclut en soulignant l’importance d’une approche préventive intégrée, en particulier pour les adultes présentant des facteurs de risque cardiovasculaires traditionnels. Les chercheurs insistent sur le rôle potentiel des vaccins dans la réduction du risque de maladies cardiovasculaires.
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