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L’administration de vitamine D influence le risque de parodontite

by Sophie Martin

Publié le 2025-11-08 02:22:00. Une nouvelle étude révèle un lien étroit entre les faibles niveaux de vitamine D et la sévérité de la parodontite, ouvrant la voie à des stratégies de supplémentation plus ciblées pour améliorer la santé bucco-dentaire.

  • Les patients atteints de parodontite présentent des taux de vitamine D significativement plus bas que les personnes en bonne santé.
  • Une supplémentation en vitamine D, ajustée en fonction des taux initiaux, permet d’augmenter significativement ces taux et de réduire l’inflammation parodontale.
  • Bien que la supplémentation soit généralement efficace, la réponse individuelle varie considérablement, soulignant la nécessité d’un suivi personnalisé.

Des recherches épidémiologiques ont régulièrement démontré une corrélation entre une carence en vitamine D et la présence de parodontite. Face à ces observations, la supplémentation en vitamine D est souvent envisagée pour rétablir des niveaux physiologiques, éliminer le risque de carence et optimiser le métabolisme osseux ainsi que la réaction inflammatoire associée à la maladie parodontale. Une étude récente, publiée dans le Journal of Clinical Periodontology, apporte des éléments précieux pour affiner les recommandations cliniques en matière de supplémentation.

L’étude clinique prospective, menée en Turquie, a inclus 101 participants répartis en trois groupes : un groupe témoin avec une bonne santé parodontale, un groupe souffrant de gingivite et un groupe atteint de parodontite. Tous les participants présentant des signes de carence en vitamine D ont reçu une supplémentation en cholécalciférol (vitamine D3) à une posologie variable en fonction de leur taux initial : 20 000 unités internationales (UI) deux fois par semaine pour les taux inférieurs à 10 ng/ml et une fois par semaine pour les taux compris entre 10 et 20 ng/ml. Un mois après le début de la supplémentation, les taux sériques de vitamine D, la concentration de la métalloprotéinase matricielle 9 (MMP-9) – un biomarqueur potentiel de la parodontite – dans le liquide sulculaire, ainsi que divers paramètres cliniques ont été réévalués.

Au début de l’étude, les patients atteints de parodontite affichaient les taux de vitamine D les plus bas et les concentrations de MMP-9 les plus élevées. Après un mois de supplémentation, les taux de vitamine D ont augmenté significativement dans tous les groupes, passant en moyenne de 9,752 ng/ml à 28,6 ng/ml. Cependant, cette augmentation a été très variable d’un individu à l’autre. Si 44 % des participants ont atteint un taux supérieur à 30 ng/ml, 6,9 % sont restés en dessous de 20 ng/ml. Curieusement, aucun changement significatif n’a été observé chez le participant en bonne santé parodontale. L’étude a également mis en évidence une diminution significative du volume du liquide sulculaire, des indices gingivaux, de la plaque dentaire et des niveaux de MMP-9 dans le liquide sulculaire dans tous les groupes. Une corrélation positive a été observée entre l’augmentation des taux sériques de vitamine D et les améliorations des concentrations de MMP-9 et de la profondeur de sondage.

À l’heure actuelle, il n’existe pas de protocoles standardisés, basés sur des directives ou des études cliniques rigoureuses, pour le diagnostic et la supplémentation en vitamine D en dentisterie. La dose, le type et la durée de la supplémentation sont donc souvent déterminés en fonction de l’expérience du praticien. Il est donc crucial de disposer de preuves issues d’études cliniques de haute qualité, évaluant des critères pertinents pour la parodontie, afin de répondre aux questions soulevées par la supplémentation nutritionnelle.

Compte tenu de la variabilité de la réponse à la supplémentation, il est recommandé de personnaliser le traitement en fonction des besoins individuels. Les patients présentant une suspicion de carence en vitamine D devraient d’abord faire doser leur taux actuel. Les données de l’étude montrent des taux considérablement réduits chez les patients atteints de parodontite et une large gamme de variations après quatre semaines de supplémentation. L’atteinte du niveau cible de 30 ng/ml, fixé dans l’étude, dépend de nombreux facteurs, tels que l’obésité, et ne peut être prédite avec certitude. Il est donc conseillé de réévaluer les taux de vitamine D au moins quatre semaines après le début de la supplémentation et d’ajuster la posologie si nécessaire. Il convient également de rappeler que la vitamine D est liposoluble et doit être administrée sous une forme appropriée, telle que des gélules, un spray ou des gouttes. Certaines recommandations préconisent une administration quotidienne de doses plus faibles (2 000 à 4 000 UI par jour) plutôt qu’une administration bihebdomadaire ou hebdomadaire de doses élevées, comme celle utilisée dans cette étude.

Source: Gurbanov V, Öztürk A, Dogruel F, Saraçoglu H, Yazıcı C. Increasing Serum Vitamin D Levels Reduces Gingival Crevicular Fluid Matrix Metalloproteinase-9 Levels in Periodontal Health and Diseases. J Clin Parodontol. Août 2025;52(8):1115-1124

Prof. Dr Clemens Walter

Prof. Dr méd. bosse. Clément Walter

Service de parodontologie, médecine buccale et chirurgie buccale, Centre Charité de médecine dentaire, médecine buccale et maxillo-faciale

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