Home AffairesLe rapport sur l’énergie : la ruée vers le diesel direct alimente l’anxiété dans un contexte de compression de l’offre

Le rapport sur l’énergie : la ruée vers le diesel direct alimente l’anxiété dans un contexte de compression de l’offre

by Amélie Bernard

L’hiver approche avec une inquiétude grandissante sur les marchés de l’énergie : la flambée des prix du diesel, exacerbée par des tensions géopolitiques et une météo rigoureuse, menace de peser sur le pouvoir d’achat des consommateurs et la compétitivité des entreprises.

La situation actuelle est caractérisée par un écart de prix (“crack spread”) du diesel atteignant des niveaux inédits depuis octobre 2022, dépassant les 57 dollars le baril. Ce signal d’alerte traduit une offre mondiale de distillats (diesel, fioul de chauffage) de plus en plus tendue, alors que la demande reste soutenue. Les attaques contre les infrastructures pétrolières russes et les sanctions internationales contribuent à cette contraction de l’offre.

Selon des sources industrielles relayées par Reuters, le pétrole russe vendu en Asie atteint son plus bas niveau depuis un an. Les principaux acheteurs, en Inde et en Chine, réduisent leurs volumes d’acquisition suite aux nouvelles sanctions américaines ciblant les producteurs russes. L’écart de prix de l’Oural, le principal brut exporté par la Russie, s’est élargi à environ 4 dollars le baril sous le Brent pour les livraisons de décembre, une baisse significative.

Parallèlement, une vague de froid précoce et intense se prépare sur l’Amérique du Nord, avec l’arrivée d’un phénomène La Niña. FOX Weather prévoit que 170 millions d’Américains, répartis dans 35 États, pourraient connaître des températures inférieures à zéro dans les prochains jours. Cette situation devrait entraîner une forte hausse de la demande de chauffage et d’électricité, accentuant la pression sur les prix de l’énergie.

La demande de gaz naturel est également en forte hausse. L’indice de référence Henry Hub a bondi d’environ 30 % ce mois-ci, atteignant 4,39 $/MMBtu (environ 3,90 €/MWh) le 7 novembre, et affiche une progression de plus de 60 % depuis le début de l’année. Les exportations record de gaz naturel liquéfié (GNL) vers l’Europe et l’Asie, en quête de sources d’énergie alternatives au gaz russe, contribuent à cette tension sur le marché.

La consommation américaine de gaz naturel devrait atteindre 92 milliards de pieds cubes par jour cette année, contre 90 milliards l’année précédente. Malgré une production quasi record, les niveaux de stockage sont inférieurs aux attentes, ce qui suscite des inquiétudes quant à la capacité à répondre à la demande hivernale. L’EIA (Energy Information Administration) prévoit une poursuite de la hausse des prix du Henry Hub, atteignant 4,10 $/MMBtu (environ 3,65 €/MWh) en janvier.

Les marchés financiers réagissent à ces signaux. Les spéculateurs se sont engouffrés dans la tendance, faisant grimper les contrats à terme sur le gaz naturel de 34 % au cours des trois derniers mois. Si les exportations restent élevées et que l’hiver s’avère rigoureux, une nouvelle augmentation des prix est possible. Cependant, une production américaine robuste pourrait limiter la volatilité.

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