Publié le 2024-02-29 10:32:00. Des chercheurs américains et portugais ont mis au point une approche innovante pour détruire les cellules cancéreuses en utilisant la lumière LED et de minuscules particules d’étain, offrant une alternative potentiellement moins invasive et plus abordable aux traitements traditionnels.
- Une nouvelle thérapie anticancéreuse utilise la lumière LED et des nanoflocons d’étain pour cibler et détruire les cellules tumorales.
- Des tests en laboratoire ont montré une destruction de jusqu’à 92 % des cellules cancéreuses de la peau en seulement 30 minutes, sans endommager les tissus sains.
- Cette méthode promet une réduction significative des coûts et des effets secondaires par rapport aux traitements actuels comme la chimiothérapie ou la radiothérapie.
Une équipe de chercheurs de l’Université du Texas à Austin, en collaboration avec l’Université de Porto, a développé une technique prometteuse pour lutter contre le cancer. Leur approche repose sur l’utilisation de la lumière LED, combinée à de minuscules particules d’oxyde d’étain, pour détruire sélectivement les cellules cancéreuses sans affecter les tissus sains environnants. Cette innovation pourrait ouvrir la voie à des traitements plus doux, plus efficaces et plus accessibles pour des millions de patients à travers le monde.
Les résultats de cette recherche, publiés dans la revue scientifique ACS Nano, démontrent que cette combinaison de lumière LED et de nanomatériaux est capable de détruire presque complètement les cellules cancéreuses en un temps relativement court. Lors d’expériences en laboratoire, les chercheurs ont réussi à éliminer jusqu’à 92 % des cellules cancéreuses de la peau et environ 50 % des cellules cancéreuses du côlon, tout en préservant l’intégrité des cellules cutanées saines.
L’idée maîtresse derrière cette approche est étonnamment simple : la lumière LED, en frappant les minuscules particules d’oxyde d’étain, les chauffe suffisamment pour provoquer la mort des cellules cancéreuses. Les chercheurs ont développé des flocons d’étain extrêmement fins, appelés SnOx-Nanoflocken, qui s’échauffent rapidement lorsqu’ils sont exposés à une lumière infrarouge – un type de lumière couramment présent dans de nombreux appareils du quotidien.
« Notre objectif était de mettre au point un traitement sûr, efficace et abordable »,
Jean Anne Incorvia, Université du Texas à Austin
La lumière utilisée dans cette procédure est une lumière proche infrarouge d’une longueur d’onde de 810 nanomètres, capable de pénétrer profondément dans les tissus sans les endommager. Une solution contenant les flocons d’étain est chauffée jusqu’à près de 19 degrés Celsius, ce qui s’avère suffisant pour détruire les cellules tumorales.
Cette nouvelle méthode présente plusieurs avantages par rapport aux thérapies anticancéreuses basées sur la lumière existantes, qui nécessitent généralement des lasers coûteux et des équipements de laboratoire spécialisés. L’utilisation de lampes LED disponibles dans le commerce rend cette approche nettement plus économique et plus facile à mettre en œuvre.
Les avantages clés de cette nouvelle approche sont les suivants :
- Aucun équipement coûteux requis : Les LED remplacent les lasers, dont le coût peut atteindre plusieurs dizaines de milliers d’euros.
- Douceur pour l’organisme : Les cellules saines restent intactes, minimisant ainsi les effets secondaires.
- Rentabilité et évolutivité : La fabrication et l’application pourraient être réalisées à grande échelle, même dans des cliniques disposant de ressources limitées.
Les chercheurs envisagent désormais de développer davantage cette technologie, notamment en créant un implant qui pourrait être utilisé après une chirurgie du cancer du sein pour irradier les cellules cancéreuses restantes avec une lumière ciblée. Cette collaboration entre l’Université du Texas et l’Université de Porto s’inscrit dans le cadre du Programme UT Austin Portugal, une initiative de recherche internationale.
« Notre objectif à long terme est de rendre cette technologie largement disponible – avec moins d’effets secondaires et des coûts moindres »,
Artur Pinto, Université de Porto
À terme, cette méthode pourrait même permettre des traitements à domicile, notamment pour le cancer de la peau, grâce à l’utilisation d’un appareil portable appliqué sur la peau après une intervention chirurgicale pour éliminer les cellules tumorales restantes. Bien qu’il s’agisse encore de tests en laboratoire, les résultats sont encourageants et ouvrent la voie à une nouvelle ère de traitements anticancéreux plus ciblés, plus efficaces et plus accessibles.
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