Publié le 2025-07-16 10:32:00. Des documents récemment déclassifiés révèlent que les autorités argentines étaient parfaitement au courant de la présence du criminel de guerre nazi Josef Mengele sur leur territoire après la Seconde Guerre mondiale, mais n’ont pas agi pour le capturer, malgré des mandats d’arrêt et des preuves accablantes.
- Josef Mengele, surnommé « l’Ange de la mort », a vécu en Argentine sous de fausses identités après avoir fui l’Allemagne en 1949.
- Les services de renseignement argentins ont suivi ses mouvements pendant des années, mais des erreurs administratives, des pressions politiques et un manque de coordination ont entravé son arrestation.
- Mengele a finalement fui vers le Paraguay puis le Brésil, où il est décédé en 1979. Ses restes sont aujourd’hui utilisés à des fins pédagogiques en médecine légale.
Des archives déclassifiées par le président argentin Javier Milei mettent en lumière une période sombre de l’histoire argentine, où le pays était devenu un refuge pour d’anciens nazis. Ces documents explosifs, analysés en profondeur par Fox News Digital et Reuters, révèlent comment le tristement célèbre médecin SS, responsable d’expériences inhumaines sur des prisonniers à Auschwitz, a pu mener une vie relativement paisible en Amérique du Sud.
Josef Mengele, qui supervisait les tortures et les pseudo-recherches médicales à Auschwitz, a fui l’Allemagne en 1949, alors que les Procès de Nuremberg commençaient à exposer l’étendue de ses crimes. Il est arrivé en Argentine avec un passeport italien au nom de Helmut Gregor et a rapidement établi une nouvelle vie.
Dès le milieu des années 1950, les autorités argentines étaient conscientes de la véritable identité de Mengele. Des rapports de surveillance, des dossiers d’immigration et des notes des services de renseignement témoignent d’une connaissance précise de ses activités et de ses déplacements. Pourtant, malgré la mise en place de mandats d’arrêt, l’arrestation de Mengele n’a jamais été effective. Des coupures de journaux conservées dans les archives contiennent même des témoignages poignants de survivants d’Auschwitz.
« Il rassemblait des jumeaux de tous âges dans le camp et les soumettait à des expériences qui se terminaient toujours par la mort. Entre les enfants, les personnes âgées et les femmes… quelles horreurs. »
José Furmanski, survivant d’Auschwitz
En 1956, Mengele a osé demander son acte de naissance original à l’ambassade d’Allemagne de l’Ouest à Buenos Aires et a même demandé la réimpression de ses cartes d’identité à son nom véritable. Une note interne des autorités argentines, datée de l’année suivante, révèle que Mengele a « expliqué » les raisons pour lesquelles il était entré en Argentine sous une fausse identité, affirmant avoir été qualifié de « criminel de guerre » par la Croix-Rouge pendant la guerre.
Les documents montrent que Mengele vivait à Carapachy, une ville située à la périphérie de Buenos Aires, et qu’il avait épousé la veuve de son frère. Son père lui aurait même rendu visite, possiblement pour investir dans son nouveau cabinet médical. En 1959, l’Allemagne de l’Ouest a émis un mandat d’arrêt international contre Mengele, demandant son extradition. Cependant, un juge argentin a rejeté cette demande, la qualifiant de « persécution politique ».
Cette décision a suscité des pressions internationales sur l’Argentine, et Mengele a fui vers le Paraguay, où il a obtenu la citoyenneté. Lorsque les autorités argentines ont finalement perquisitionné son laboratoire médical à Buenos Aires, il avait déjà disparu. Après son évasion, l’Argentine s’est appuyée sur des informations provenant de l’étranger pour tenter de le retrouver. Finalement, Mengele a trouvé refuge au Brésil, où il a été protégé par des agriculteurs d’origine allemande.
Mengele est décédé d’un accident vasculaire cérébral en 1979 alors qu’il nageait près de Bertioga. Il a été enterré sous un faux nom, mais son corps a été exhumé en 1985. Aujourd’hui, ses ossements sont utilisés comme outil pédagogique en médecine légale à la faculté de médecine de l’Université de São Paulo.
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