Publié le 13 décembre 2025 à 19h25. Des chercheurs ont réussi pour la première fois à observer en temps réel et à l’échelle nanométrique la manière dont le virus de la grippe pénètre dans les cellules humaines, une avancée majeure pour la compréhension de l’infection et le développement de nouveaux traitements.
- Une nouvelle méthode de microscopie combinant la microscopie à force atomique et la microscopie à fluorescence a permis cette observation inédite.
- L’étude révèle que la cellule n’est pas passive lors de l’infection, mais interagit activement avec le virus.
- Les chercheurs ont découvert que la cellule crée des protubérances pour faciliter l’entrée du virus, démontrant qu’elle n’est pas sans défense.
La grippe, infection respiratoire courante, affecte chaque année des millions de personnes. Si les symptômes sont bien connus, les mécanismes biologiques précis qui régissent l’infection restent complexes. Jusqu’à présent, l’étude de l’entrée du virus dans la cellule était indirecte et limitée en résolution. Une équipe de chercheurs suisses et japonais a franchi une étape décisive en développant une nouvelle technique d’imagerie capable de visualiser ce processus en temps réel.
Cette nouvelle méthode, baptisée ViViD-AFM (pour Virus Visualization with Atomic Force Microscopy), combine la microscopie à force atomique et la microscopie à fluorescence. La microscopie à force atomique mesure les changements de forme physique de la membrane cellulaire avec une précision nanométrique, tandis que la microscopie à fluorescence permet de suivre les signaux induits par les virus. En combinant ces deux approches, les chercheurs peuvent analyser simultanément le comportement de la cellule et du virus.
Les observations ont révélé que le virus de la grippe n’attend pas passivement à la surface cellulaire. Les protéines hémagglutinine et neuraminidase, présentes à la surface du virus, établissent un premier contact en se liant aux molécules d’acide sialique présentes dans la membrane cellulaire. C’est à ce moment précis que la cellule devient activement impliquée. La membrane cellulaire s’étire, change de forme et subit des ajustements structurels pour accueillir le virus.
Une découverte particulièrement frappante est que la cellule ne subit pas l’infection passivement. Les chercheurs ont observé que la cellule crée des protubérances à sa surface, grâce à des protéines squelettiques appelées actine. Ces protubérances jouent un rôle clé dans l’importation du virus. Elles apparaissent juste avant que le virus n’entre dans la cellule et déclenchent l’enveloppement du virus dans une gaine appelée clathrine sur la membrane cellulaire. Le virus est ensuite transporté vers l’intérieur de la cellule dans une petite vésicule, marquant le début du processus d’infection.
Un autre avantage de la méthode ViViD-AFM est qu’elle permet de surveiller les virus sans avoir recours à des marqueurs fluorescents. Cela permet d’obtenir des observations plus proches des conditions naturelles et d’éviter que les marqueurs ne modifient le comportement cellulaire. En testant différents types de virus de la grippe et diverses conditions expérimentales, l’équipe de recherche a également constaté que l’interaction cellule-virus peut varier considérablement, contribuant ainsi à une compréhension plus complète de l’entrée du virus dans les cellules.
Cette avancée ouvre de nouvelles perspectives pour la compréhension des interactions virus-cellules et pourrait permettre de développer des traitements antiviraux plus efficaces. En visualisant précisément les mécanismes d’entrée du virus, les chercheurs espèrent identifier de nouvelles cibles thérapeutiques pour bloquer l’infection.
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