Home SantéLa pollution atmosphérique due aux incendies de forêt entraîne une augmentation des visites à la clinique pour la MA et le prurit

La pollution atmosphérique due aux incendies de forêt entraîne une augmentation des visites à la clinique pour la MA et le prurit

by Sophie Martin

Publié le 16 décembre 2025. La pollution atmosphérique causée par les incendies de forêt, de plus en plus fréquents et intenses dans l’ouest des États-Unis, est associée à une augmentation des problèmes de peau tels que la dermatite atopique et les démangeaisons, même chez les personnes vivant loin des zones touchées.

  • Une étude menée à San Francisco a révélé une augmentation significative des consultations dermatologiques pour dermatite atopique et démangeaisons pendant et après le pic de pollution lié au Camp Fire de 2018.
  • L’exposition aux particules fines (PM2,5) issues de la fumée des incendies est corrélée à une aggravation des symptômes, en particulier chez les enfants.
  • Les chercheurs ont également constaté une augmentation de la prescription de traitements systémiques pour la dermatite atopique chez les adultes pendant cette période.

Les conséquences des incendies de forêt ne se limitent pas aux dégâts matériels et aux problèmes respiratoires. Une étude récente de l’Université de Californie à San Francisco (UCSF) met en évidence un impact dermatologique significatif de la pollution atmosphérique associée à ces événements. Les résultats, publiés dans le JAMA Dermatology, soulignent une augmentation des cas de dermatite atopique (DA) et de démangeaisons chez les patients, même dans une zone située à plus de 240 kilomètres (175 miles) de l’incendie.

L’étude s’est concentrée sur le Camp Fire, un incendie dévastateur qui a ravagé la région de Paradise, en Californie, en novembre 2018. San Francisco, bien que distante de la source de l’incendie, a été fortement touchée par la fumée, avec une augmentation notable des concentrations de particules fines (PM2,5) et une diminution de l’humidité pendant deux semaines. Les chercheurs ont analysé les données de 8 049 consultations dans les cliniques de dermatologie de l’UCSF entre octobre 2018 et février 2019, en les comparant aux données des mêmes périodes en 2015 et 2016, des années sans incendies majeurs.

L’exposition environnementale a été quantifiée à l’aide de trois indicateurs : la présence ou l’absence d’incendies, les concentrations de PM2,5 et la densité du panache de fumée détectée par satellite. Les résultats ont montré une augmentation significative des consultations pour dermatite atopique et démangeaisons pendant et immédiatement après le pic de pollution. Pour les enfants, le taux de consultations pour dermatite atopique a été multiplié par 1,49 pendant les semaines d’incendie par rapport aux semaines sans incendie (intervalle de confiance à 95 %, de 1,07 à 2,07). Chez les adultes, l’augmentation était de 15 % (intervalle de confiance à 95 %, de 2 à 30 %).

L’étude a également révélé une relation dose-réponse : chaque augmentation de 10 µg/m³ des PM2,5 était associée à une augmentation de 5,1 % des consultations pour dermatite atopique chez les enfants. Une tendance similaire a été observée pour la densité du panache de fumée. Les démangeaisons ont également augmenté, en particulier chez les enfants, avec une augmentation de 82 % des consultations pendant les semaines d’incendie (intervalle de confiance à 95 %, de 20 à 278 %). Les chercheurs ont également constaté une augmentation de 45 % de la prescription de traitements systémiques pour la dermatite atopique chez les adultes pendant la période d’incendie (intervalle de confiance à 95 %, de 3 à 105 %).

Selon les auteurs, ces résultats confirment le rôle de la pollution atmosphérique dans le développement et l’aggravation de la dermatite atopique, notamment par le biais du stress oxydatif, de l’activation des récepteurs des hydrocarbures aromatiques polycycliques et de l’induction de cytokines pro-inflammatoires. Il est également intéressant de noter que de nombreux adultes consultant pour des démangeaisons pendant la période des incendies n’avaient pas de diagnostic préalable de dermatite atopique, ce qui suggère que la fumée pourrait déclencher des symptômes chez des personnes ayant une peau sensible ou une maladie subclinique.

Face à la multiplication des incendies de forêt en raison du changement climatique, les dermatologues et les professionnels de santé publique doivent sensibiliser leurs patients à la protection de la peau en période de mauvaise qualité de l’air, en recommandant notamment l’optimisation de la réparation de la barrière cutanée, l’utilisation accrue d’émollients et la limitation de l’exposition. Des recherches supplémentaires sont nécessaires pour évaluer l’impact de la pollution atmosphérique sur d’autres affections cutanées inflammatoires, telles que le psoriasis, et pour identifier les populations les plus vulnérables.

Références

1. Fadadu RP, Grimes B, Jewell NP et al. Association entre la pollution atmosphérique due aux incendies de forêt et l’utilisation des soins de santé pour la dermatite atopique et les démangeaisons. JAMA Dermatol. 2021;157(6):658-666. doi:10.1001/jamadermatol.2021.0179

2. Fagan K, Tucker J, Mcbride A. Camp Fire : ce que l’on sait de l’incendie mortel qui a détruit Paradise. SFGate. Publié le 19 novembre 2018. Consulté le 16 décembre 2025. https://www.sfgate.com/california-wildfires/article/What-we-know-about-the-deadly-Camp-Fire-13401383.php

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