Publié le 27 décembre 2025 07:32:00. Un transfert d’argent d’un compte personnel vers un compte joint avec son conjoint n’est pas considéré comme une donation et n’est donc pas imposable, confirme l’administration fiscale dans une interprétation récente.
- Un virement de fonds entre époux, même issu d’une succession, vers un compte commun n’entraîne aucune conséquence fiscale.
- L’administration fiscale précise qu’il n’y a pas d’enrichissement du patrimoine individuel dans ce type de transaction.
- Le Code de la famille et du tutelle est invoqué pour justifier que les fonds rejoignent la copropriété des époux.
Le fisc apporte des éclaircissements importants concernant les transferts d’argent entre conjoints, notamment lorsqu’ils sont liés à une succession. Une interprétation du Directeur de l’Information Fiscale Nationale (KIS), datée du 19 novembre 2025 (référence 0111-KDIB2-3.4015.343.2025.1.BD), confirme qu’un virement de fonds d’un compte personnel vers un compte joint n’est pas assimilable à une donation et ne doit donc pas être déclaré aux impôts.
L’interprétation fait suite à une question posée par une contribuable qui souhaitait transférer des fonds hérités de sa mère décédée, initialement déposés sur son compte personnel, vers un compte joint avec son mari. L’objectif était de financer conjointement l’achat d’une voiture utilisée pour l’activité commerciale de son époux. La contribuable craignait que ce transfert ne soit considéré comme une donation taxable.
L’administration fiscale a répondu de manière affirmative, soulignant que l’opération ne crée aucune obligation fiscale.
« Je déclare que votre position sur l’évaluation des conséquences fiscales de l’événement futur décrit en matière d’impôts sur les successions et les donations est correcte. »
Directeur de l’Information Fiscale Nationale
Pour qu’une donation soit imposable, il est essentiel qu’elle entraîne une augmentation du patrimoine du bénéficiaire. Or, dans le cas d’un transfert entre comptes des époux mariés sous le régime de la communauté de biens, aucun enrichissement individuel n’est constaté. L’argent rejoint simplement la copropriété du couple.
L’interprétation souligne également l’importance du Code de la famille et du tutelle, notamment l’article 31 du Code de la famille et de la tutelle, qui définit les biens communs des époux. Ce texte précise que les biens acquis pendant le mariage, par l’un ou l’autre des conjoints, constituent la communauté de biens.
Le KIS insiste sur le fait que l’absence d’enrichissement et l’absence d’acquéreur sont des éléments déterminants.
« En relation avec les dispositions ci-dessus, il convient de préciser que vous n’êtes pas soumis aux droits de succession et de donation en raison de la situation décrite, car, selon l’article 5 de la loi susmentionnée, l’obligation fiscale incombe à l’acquéreur et, selon la demande, vous n’avez rien acquis. »
Directeur de l’Information Fiscale Nationale
Enfin, l’administration fiscale se réfère au Code civil pour rappeler les conditions d’une donation valable. L’article 888 § 1 du Code civil stipule qu’une donation est un acte par lequel le donateur s’engage à fournir une prestation gratuite au bénéficiaire, aux frais de sa succession. Or, dans le cas présent, il n’y a ni donateur, ni bénéficiaire, mais un simple transfert de fonds au sein d’un patrimoine commun.
En conclusion, le Directeur de l’Information Fiscale Nationale confirme que ce type de transfert monétaire est fiscalement neutre et ne nécessite aucune déclaration.
« Vous ne serez donc soumis à aucune obligation fiscale en matière de succession et de donation, encore moins à l’obligation de déclarer ce fait au bureau des impôts. »
Directeur de l’Information Fiscale Nationale
Lettre du 19 novembre 2025, Directeur de l’Information Fiscale Nationale 0111-KDIB2-3.4015.343.2025.1.BD. Conséquences fiscales de l’argent d’un compte personnel vers le compte d’un conjoint
Pour aller plus loin
