Publié le 29 décembre 2025 21:03:00. Un anticorps monoclonal, le nirsevimab (Beyfortus), s’avère non seulement efficace pour prévenir les hospitalisations liées au virus respiratoire syncytial (VRS) chez les nourrissons, mais aussi pour réduire les visites aux urgences pour d’autres infections des voies respiratoires inférieures (IVRI), selon une vaste méta-analyse.
- Le nirsevimab réduit de 62 % les hospitalisations pour toute infection respiratoire nécessitant une hospitalisation.
- Son efficacité s’étend aux visites aux urgences, diminuant de 48 % celles liées aux IVRI et de 76 % celles spécifiquement dues au VRS.
- L’étude confirme l’intérêt d’intégrer ce traitement dans les programmes de vaccination infantile pour alléger la pression sur le système de santé.
Une équipe de chercheurs de l’Université York à Toronto a mené une méta-analyse portant sur 11 études observationnelles impliquant un total de 263 755 enfants de moins de deux ans ayant reçu du nirsevimab, comparés à 27 522 enfants témoins. Les données, collectées entre janvier et juin 2025, couvrent l’ensemble de la saison du VRS.
Approuvé en 2023, le nirsevimab est un anticorps monoclonal à action prolongée qui confère une immunité passive aux nourrissons jusqu’à l’âge de six mois. Il est recommandé pour la prévention des IVRI liées au VRS durant la première année de vie, et pour les nourrissons à risque élevé durant leur deuxième année.
Jusqu’à présent, plusieurs études observationnelles avaient déjà suggéré ces bénéfices, mais aucune analyse regroupée n’avait évalué l’étendue réelle de l’efficacité du nirsevimab sur un ensemble de critères plus large, soulignent les auteurs de l’étude, publiée dans le journal JAMA Pédiatrie. Consulter l’étude complète.
Les données proviennent d’Espagne, de France, des États-Unis et du Chili. L’analyse révèle que le nirsevimab est associé à une réduction significative des hospitalisations pour toute infection respiratoire (rapport de cotes [OR] de 0,38, soit une efficacité de 62 %), des visites aux urgences pour les IVRI (OR de 0,52, soit 48 %) et des visites aux urgences pour le VRS (OR de 0,24, soit 76 %).
« Ces résultats suggèrent que le nirsevimab offre des avantages protecteurs réels au-delà de ceux démontrés ou reconnus pour les résultats spécifiques au VRS. »
Auteurs de l’étude
Aucune différence significative n’a été observée en termes d’hospitalisations pour toute cause (OR de 0,56). Les analyses de sensibilité ont confirmé la robustesse de ces conclusions, même en tenant compte de différents scénarios.
« Ces résultats suggèrent que le nirsevimab offre des avantages protecteurs réels au-delà de ceux démontrés ou reconnus pour les résultats spécifiques au VRS, soutenant ainsi sa mise en œuvre dans les programmes de vaccination des nourrissons afin de réduire le fardeau des maladies respiratoires et le recours aux soins de santé », concluent les chercheurs. Ils notent que la prévention des IVRI, quelle qu’en soit la cause, a été observée tant dans des essais cliniques randomisés que dans des données réelles.
Selon eux, le VRS représente une part importante des infections respiratoires nécessitant une prise en charge médicale, pouvant atteindre 80 % pendant les épidémies annuelles dans les régions tempérées. La protection contre le VRS se traduit donc par une diminution globale des maladies respiratoires. Par conséquent, l’efficacité du nirsevimab contre les problèmes respiratoires toutes causes confondues, en particulier pendant les pics de circulation du VRS, est principalement liée à sa capacité à prévenir les infections à VRS.
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