Home SantéMythe brisé : votre corps n’annule pas votre entraînement

Mythe brisé : votre corps n’annule pas votre entraînement

by Sophie Martin

L’activité physique quotidienne a un impact durable sur notre métabolisme, bien au-delà de l’effort immédiat. Une nouvelle étude révèle que le corps augmente sa dépense énergétique globale en fonction du niveau d’activité, sans pour autant réduire ses besoins énergétiques de base.

Menée par des chercheurs de Virginia Tech en collaboration avec les universités d’Aberdeen et de Shenzhen, cette recherche, publiée dans les Actes de l’Académie nationale des sciences, apporte un éclairage nouveau sur la façon dont le corps gère son énergie. Pendant longtemps, les scientifiques se sont interrogés sur la question de savoir si l’énergie était traitée comme une ressource fixe ou comme un système adaptable.

L’étude a porté sur 75 participants, âgés de 19 à 63 ans, dont les niveaux d’activité variaient considérablement, allant d’un mode de vie sédentaire à la pratique régulière de courses d’ultra-endurance. Pour mesurer avec précision la dépense énergétique, les participants ont ingéré des formes spéciales d’oxygène et d’hydrogène et fourni des échantillons d’urine pendant deux semaines. En analysant les isotopes présents dans ces échantillons, les chercheurs ont pu estimer la production de dioxyde de carbone et, par conséquent, la quantité d’énergie consommée.

Les résultats ont démontré qu’une augmentation de l’activité physique s’accompagnait d’une augmentation proportionnelle de la dépense énergétique totale. Contrairement à certaines hypothèses, le corps ne semble pas compenser cet effort supplémentaire en réduisant l’énergie allouée aux fonctions vitales telles que la respiration, la circulation sanguine ou la régulation de la température.

« Notre étude a révélé qu’une plus grande activité physique est associée à une dépense calorique plus élevée, quelle que soit la composition corporelle, et que cette augmentation n’est pas compensée par la réduction de l’énergie dépensée ailleurs par le corps », explique Kevin Davy, professeur au Département de nutrition humaine, d’alimentation et d’exercice et chercheur principal de l’étude.

Kristen Howard, associée de recherche principale à Virginia Tech et première auteure de l’article, souligne l’importance de l’état nutritionnel des participants : « Le bilan énergétique était un élément clé de l’étude. Nous avons examiné des personnes qui étaient suffisamment alimentées en carburant. Il se pourrait qu’une compensation apparente dans des conditions extrêmes reflète un manque de carburant. »

Par ailleurs, les chercheurs ont constaté une corrélation entre un niveau d’activité plus élevé et une diminution du temps passé en position assise. En d’autres termes, les personnes actives ont tendance à être moins sédentaires.

Ces résultats confirment l’idée que l’augmentation de l’activité physique entraîne une augmentation de la consommation calorique, un modèle énergétique additif qui pourrait être plus pertinent qu’on ne le pensait. Cependant, les chercheurs insistent sur la nécessité de poursuivre les recherches pour mieux comprendre les conditions dans lesquelles une compensation énergétique pourrait se produire. « Nous avons besoin de plus de recherches pour comprendre qui et dans quelles conditions la compensation énergétique pourrait se produire », conclut Kevin Davy.

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