Home SantéUn agresseur d’animaux bien connu laisse (encore) mourir des poneys sur le terrain municipal. « Pas de nourriture, pas de boisson, pas d’abri »

Un agresseur d’animaux bien connu laisse (encore) mourir des poneys sur le terrain municipal. « Pas de nourriture, pas de boisson, pas d’abri »

by Sophie Martin

Publié le 7 janvier 2024 17:49:00. Des poneys élevés dans des conditions alarmantes sur un terrain communal à Haren ont suscité l’inquiétude des riverains, qui dénoncent un manque de soins répétés de la part du propriétaire, déjà connu des autorités.

  • Plusieurs poneys, dont un poulain, ont été emmenés chez le vétérinaire en raison de leur état de faiblesse et de malnutrition.
  • Les voisins témoignent d’un manque criant de nourriture, d’eau et d’abri contre les intempéries, et se disent contraints de subvenir aux besoins des animaux.
  • Le propriétaire, Arjan Britstran de Handelsonderneming Bitstra, est déjà connu pour des cas de maltraitance animale et a fait l’objet de plusieurs sanctions.

L’alerte a été donnée à Haren, le long de la Hertenlaan, où des habitants ont constaté la dégradation rapide des conditions de vie de poneys appartenant à Arjan Britstran. Selon les témoignages, les animaux, au nombre de huit dont un jeune poulain, souffraient d’un manque de nourriture et d’eau potable. L’absence d’abri adéquat les exposait aux rigueurs de l’hiver, avec le vent, le froid et la neige.

Face à l’inaction du propriétaire, des voisins se sont mobilisés pour apporter de la nourriture et de l’eau aux poneys. L’un d’eux raconte avoir dû isoler un poney particulièrement affaibli, repoussé par les autres membres du groupe :

« L’un des poneys était si faible qu’il a été repoussé et chassé par le groupe. Je l’ai isolé des autres avec des piquets pour qu’il puisse passer la nuit en toute sécurité. »

Témoin anonyme, riverain

Malgré ces efforts, l’animal a été retrouvé dans un état critique le lendemain matin et a dû être transporté d’urgence chez un vétérinaire.

Les poneys ont été installés sur ce terrain communal il y a deux mois, mais les voisins affirment que les problèmes de soins ont commencé dès leur arrivée. La situation s’est aggravée avec l’arrivée de la neige. Ils expliquent qu’ils voient rarement le propriétaire et qu’ils sont donc obligés d’intervenir eux-mêmes pour assurer la survie des animaux. Ils dénoncent également la qualité de la nourriture mise à disposition :

« Nous apportons de l’eau. Nous apportons de la nourriture. Et ces bottes de foin n’ont pas été mises là par le propriétaire. L’herbe était très haute il y a quelques mois, elle a été tondée puis pressée en deux balles entourées de plastique. Ces balles sont depuis sur le champ et parce que les animaux avaient tellement faim, ils ont rongé le plastique autour d’eux pour pouvoir atteindre le foin. »

Témoin anonyme, riverain

L’inspecteur de la NVWA (Nederlandse Voedsel- en Warenautoriteit, Autorité néerlandaise de la sécurité des chaînes alimentaires) a minimisé la situation, déclarant que seul un poney était malade et qu’il y avait suffisamment de nourriture et d’eau sur place. Cette évaluation a été vivement contestée par les riverains, qui soulignent leur implication directe dans le soin des animaux.

Mercredi, d’autres poneys ont été retirés du terrain sur ordre des autorités. La mère du poulain, également affaiblie, a été emmenée chez le vétérinaire, et deux autres animaux jugés trop malades ont été retirés par le propriétaire. La NVWA a laissé les autres poneys sur place, estimant que l’accès à l’eau et à la nourriture était suffisant, sans tenir compte de l’aide apportée par les voisins.

Ce n’est pas la première fois qu’Arjan Britstran est pointé du doigt pour des problèmes de maltraitance animale. En 2022, il avait déjà été épinglé pour ne pas avoir pris de mesures de protection pour ses animaux face à une tempête imminente. Des voisins avaient alors dû intervenir pour leur fournir nourriture et abri. Britstran a également été condamné à plusieurs reprises pour négligence et maltraitance, et a écopé d’une amende de 50 000 euros.

Selon une source proche de la famille Britstra, le père, également impliqué dans l’entreprise commerciale, ne serait plus autorisé à détenir des animaux en raison de ses antécédents de maltraitance. Des témoignages font état de violences physiques infligées aux chevaux avec des verges. D’autres cas de négligence grave ont été recensés, notamment celui d’un cheval retrouvé mort de faim sur un terrain à Haren en 2022.

En 2024, un autre incident impliquant Britstra a été signalé : la mort d’un cheval sur un autre terrain à Haren, probablement due à la négligence. La police a ouvert une enquête à la suite de ce décès.

Contactée par la police suite au signalement de ce matin, la NVWA a confirmé être déjà au courant des antécédents de Britstra. Selon un porte-parole de la police :

« Nous avons reçu un signalement ce matin (7h50) selon lequel un poney gisait par terre dans le pré. L’animal serait très faible et incapable de se relever tout seul. La police s’est alors rendue sur place. Les agents ont en effet trouvé un poney qui ne parvenait pas à se relever tout seul. Un contact a été pris avec le propriétaire pour récupérer l’animal et le faire examiner par un médecin. Le propriétaire a emmené ce poney et deux autres poneys avec eux. Nous en avons informé la NVWA. »

Porte-parole de la police

La municipalité a indiqué enquêter sur les termes du contrat de location liant Britstra aux terrains communaux, sans pour autant expliquer pourquoi, malgré ces antécédents, il est toujours autorisé à les utiliser pour l’élevage d’animaux. Le propriétaire Britstra n’a pas pu être joint pour commenter cette affaire. Les voisins, craignant des représailles, ont souhaité témoigner anonymement.

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