Home AffairesState Street se vend alors que les orientations en matière de dépenses soulèvent des questions sur l’évolution des marges

State Street se vend alors que les orientations en matière de dépenses soulèvent des questions sur l’évolution des marges

by Amélie Bernard

Les investisseurs ont sanctionné State Street vendredi 16 janvier 2026, malgré des résultats trimestriels supérieurs aux attentes, en raison de coûts de restructuration importants et de prévisions de dépenses plus élevées pour l’année à venir.

L’action du géant américain de la gestion d’actifs et de la conservation a chuté de 3,5 %, s’échangeant à 131,48 $ (environ 119,60 €) vers 10 h 20, heure de New York, contre une clôture précédente de 136,20 $ (environ 124,20 €). Si les résultats du quatrième trimestre ont été solides, avec des revenus records et une croissance robuste des actifs, les inquiétudes concernant les coûts futurs ont éclipsé ces performances positives.

State Street a annoncé un bénéfice par action ajusté de 2,97 $ (environ 2,72 €) pour le quatrième trimestre, dépassant le consensus des analystes qui tablait sur 2,84 $ (environ 2,60 €). Ce résultat représente une progression par rapport aux 2,78 $ (environ 2,55 €) du troisième trimestre et aux 2,60 $ (environ 2,38 €) de la même période l’année précédente. Les revenus se sont élevés à 3,67 milliards de dollars (environ 3,36 milliards d’euros), dépassant également les prévisions de 3,62 milliards de dollars (environ 3,32 milliards d’euros), soit une augmentation de 7 % sur un an.

La société a enregistré des revenus de commissions records, en hausse de 8 % pour atteindre 2,86 milliards de dollars (environ 2,62 milliards d’euros), grâce à une augmentation des frais de service (+ 8 %), des frais de gestion (+ 15 %) et des services de négociation de devises (+ 13 %). Cependant, le trimestre a été grevé par 226 millions de dollars (environ 207 millions d’euros) de charges nettes de restructuration, ce qui a pesé sur la confiance des investisseurs. Ces charges comprennent 111 millions de dollars (environ 101 millions d’euros) liés à une rationalisation de la main-d’œuvre et 69 millions de dollars (environ 63 millions d’euros) pour l’optimisation de l’empreinte immobilière.

Les revenus nets d’intérêts ont progressé de 7 % sur un an pour atteindre 802 millions de dollars (environ 733 millions d’euros), dépassant l’estimation consensuelle de 765 millions de dollars (environ 698 millions d’euros). Les dépenses totales ont quant à elles grimpé à 2,74 milliards de dollars (environ 2,51 milliards d’euros), contre 2,43 milliards de dollars (environ 2,23 milliards d’euros) au trimestre précédent. Les actifs sous garde et administrés ont atteint un niveau record de 53 800 milliards de dollars (environ 49 300 milliards d’euros), en hausse de 16 % sur un an, tandis que les actifs sous gestion ont augmenté de 20 % pour atteindre 5 700 milliards de dollars (environ 5 200 milliards d’euros).

La principale cause de la baisse du titre réside dans les prévisions de State Street pour 2026, qui anticipent une croissance des dépenses de 3 à 4 % sur un an, bien au-dessus des 1,6 % attendus par le consensus Visible Alpha. La société prévoit également une augmentation à un chiffre dans le bas de la fourchette pour les revenus nets d’intérêts, contre une prévision de 3,8 % des analystes, tandis que les revenus de commissions devraient croître de 4 à 6 %.

Malgré ces inquiétudes, le PDG Ron O’Hanley a souligné les progrès stratégiques de l’entreprise, affirmant que 2025 a été « une autre année de solides performances » avec un effet de levier opérationnel positif, une marge avant impôts en expansion et des rendements plus élevés.

State Street affiche une solide situation financière, avec un ratio de fonds propres de catégorie 1 normalisé de 11,7 % à la fin du trimestre, en hausse de 0,8 point de pourcentage par rapport à l’année précédente. La société a également annoncé de nouveaux revenus de frais de service de 87 millions de dollars (environ 79,6 millions d’euros) au cours du trimestre et dispose de 320 millions de dollars (environ 293 millions d’euros) de revenus de frais de service en attente d’installation.

Avec des entrées nettes totales de 85 milliards de dollars (environ 77,8 milliards d’euros) au quatrième trimestre, contre 26 milliards de dollars (environ 23,8 milliards d’euros) au troisième trimestre, State Street continue d’attirer les actifs de ses clients. L’action, qui a généré un rendement de 35,49 % au cours de l’année écoulée, se négocie à un ratio cours/bénéfice prévisionnel de 12,03 et maintient un rendement en dividende de 2,47 %.

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