Publié le 11 décembre 2025 à 21h12. L’Argentine a renoué avec les marchés financiers en émettant une obligation en dollars d’un milliard de dollars, une opération cruciale pour faire face à ses échéances de dette. Malgré un taux supérieur aux attentes initiales, cet emprunt a été suivi d’un repli des marchés boursiers et obligataires.
- L’Argentine a émis une obligation en dollars d’un milliard de dollars avec un taux de 9,26% par an.
- Les actions et obligations souveraines argentines ont chuté jeudi, entraînant une hausse du risque pays.
- Les analystes estiment que le taux obtenu, bien que supérieur aux prévisions, reflète les incitations réglementaires récentes et la valorisation des obligations existantes.
Après huit ans d’absence, l’Argentine a réussi à lever un milliard de dollars sur les marchés internationaux. Cette émission obligataire, bien que conclue à un taux annuel de 9,26%, supérieur aux estimations initiales du gouvernement, représente une bouffée d’oxygène pour les finances publiques, confrontées à des échéances de dette importantes en janvier prochain. L’opération vise à renforcer les réserves de devises étrangères du pays.
Cependant, l’enthousiasme initial a été de courte durée. Jeudi, les marchés argentins ont affiché des signes de faiblesse. Les titres de dette souveraine ont connu une baisse significative : les obligations Bonares ont perdu 1,23% (AL35D) et les Globales 1,4% (GD46D). En conséquence, le risque pays a progressé de six unités pour atteindre 634 points de base (+0,3%), selon les données de Rava Bursátil.
Selon Alan Versalli, analyste chez Cocos, l’appel d’offres a été globalement bien accueilli, notamment en raison du taux proposé.
« Comme première approche des marchés, l’appel d’offres a été très bon. Surtout à cause du taux, car il implique un risque pays d’environ 550 points de base, ce qui est l’objectif que s’était initialement fixé le gouvernement pour revenir sur les marchés. »
Alan Versalli, analyste recherche de Cocos
Il souligne toutefois la nécessité de trouver des financements supplémentaires pour couvrir les 3,2 milliards de dollars nécessaires au paiement des coupons et des amortissements de janvier, évoquant la possibilité de recourir à des dépôts ou à d’autres mécanismes.
La bourse de Buenos Aires a également terminé la journée dans le rouge, pénalisée par une nouvelle accélération de l’inflation. L’indice S&P Merval a reculé de 1,1%, clôturant à 2 980 580 unités, ce qui équivaut à 1 976 dollars américains après ajustement du dollar liquide (-1,8%).
Parmi les valeurs du panel principal, Extérieur (-5,7%), Société Commerciale Argent (-5,3%), Métrogas (-4%) et Édenor (-3,4%) ont enregistré les baisses les plus marquées. À New York, les ADR argentines ont affiché des performances contrastées. Société américaine a progressé de 2,5%, suivie par Mercado Libre (+2,5%) et Banque Supervielle (+2,1%). En revanche, Grupo Financiero Galicia (-2,7%), Central Puerto (-2,2%) et Edenor (-2%) ont subi des pertes.
Sur le marché des changes, le dollar de détail officiel a été vendu à 1 460 pesos argentins au cours de la Banque Nationale, un niveau inchangé par rapport à la veille. Le prix moyen du marché, selon l’enquête de la Banque centrale (BCRA), s’est établi à 1 460,45 pesos.
Le taux de change de gros officiel a clôturé à 1 437,03 pesos, en hausse de 0,70 peso sur la journée. La Banque centrale aurait acquis environ 46 millions de dollars sur le marché des changes, après des ventes de 31 millions de dollars lundi et mercredi de la semaine dernière, et de 2 millions de dollars mardi, selon le Personal Investment Portfolio (PPI). L’objectif d’accumulation de réserves fixé dans l’accord avec le FMI, qui sera réévalué en janvier, semble donc difficile à atteindre.
Les taux de change financiers ont également augmenté. Le dollar “député” a terminé à 1 476,11 pesos (+0,3%), tandis que le dollar “CCL” a progressé de 11,31 pesos pour atteindre 1 508,25 pesos (+0,8%). Le dollar “bleu”, échangé dans les caves et les bureaux de change du centre de Buenos Aires, est resté stable à 1 450 pesos, le taux de change le plus bas du marché.
Eric Ritondale, économiste en chef de Puente, tempère l’optimisme :
« Même si le marché a valorisé cette obligation au-dessus de 10 %, en fonction de l’endroit où se situe la courbe locale de Bonares, la vérité est que la moindre performance obtenue n’est pas surprenante. Ceci s’explique par la valorisation de la structure des bonus et l’effet des incitations réglementaires les événements récents qui ont renforcé la participation des banques et des compagnies d’assurance. »
Eric Ritondale, économiste en chef de Puente
Les analystes de Portfolio Personal de Inversiones expriment un sentiment mitigé. Ils estiment que les attentes étaient élevées en raison des récentes mesures gouvernementales visant à stimuler la demande.
« Le résultat a laissé un « goût semi-amer ». Comme ils l’ont expliqué, ces derniers jours, en raison de différentes indications et de la batterie de réglementations visant à stimuler la demande d’acteurs locaux, La « barre des attentes » autour de l’appel d’offres a été relevée. C’est précisément pour cette raison, et au-delà de la faible liquidité qu’aura l’instrument, Nous ne pensons pas que le taux de la nouvelle obligation, qui était inférieur à la courbe de Bonares, permettra une compression significative sur ce segment.”
Analystes de Portfolio Personal de Inversiones
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