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Attaque du noyau | Investiting.com

by Amélie Bernard

Les marchés émergents ont bénéficié d’un certain assouplissement, mais les perspectives de croissance mondiale, bien que prometteuses, pourraient être compromises par la remontée des taux d’intérêt. Les investisseurs doivent rester prudents face à une possible volatilité accrue.

La croissance mondiale affiche une nette amélioration, avec des prévisions de 5,5 % pour 2021 et de 4,2 % pour 2022, après une contraction de 3,5 % en 2020, selon le Fonds monétaire international (FMI). Les économies émergentes et en développement devraient connaître une croissance de 6,3 % cette année, tirée par l’Asie de l’Est (+ 8,3 %) et potentiellement par l’Amérique latine (+ 4,1 %) après une année 2020 difficile (-7,4 %). Historiquement, les marchés émergents ont tendance à bien performer lors de phases d’expansion économique mondiale, surtout lorsque les taux d’intérêt directeurs restent bas.

Cependant, la hausse des taux à long terme constitue un frein. Cette situation est particulièrement problématique pour les émetteurs souverains des marchés émergents, qui pourraient être confrontés à des coûts de refinancement plus élevés. Une certaine marge de manœuvre existe pour les investissements à haut rendement, à condition que les conditions de risque restent relativement stables. Cela vaut aussi bien pour les actifs libellés en devises fortes qu’en devises locales, mais plus particulièrement pour ces derniers, où les écarts de taux et les opportunités de change sont généralement plus importants.

Une possible inflexion de la politique monétaire de la Réserve fédérale américaine (Fed) pourrait perturber cet équilibre. Les marchés pourraient ne pas réagir négativement si cette inflexion est présentée comme une mesure préventive, mais elle constitue néanmoins un facteur de risque. L’année 2021 a été marquée par une hausse des rendements obligataires, notamment en raison des anticipations d’inflation. Cette situation est préoccupante pour tous les produits à revenu fixe, en particulier ceux à long terme, car l’inflation risque d’éroder leur valeur.

Les flux d’investissement vers les marchés émergents ont ralenti en février, atteignant 31,2 milliards de dollars (22,8 milliards de dollars en dette et 8,4 milliards de dollars en actions), contre environ 50 milliards de dollars les deux mois précédents. Cette tendance pourrait se confirmer en mars. L’activité sur le marché primaire a également diminué, avec seulement 9,9 milliards de dollars de dette souveraine à taux fixe émise en février, contre 41,4 milliards de dollars par mois auparavant. Cette baisse reflète des besoins de refinancement moins importants, mais pourrait s’accentuer dans les mois à venir en raison de déficits budgétaires plus importants et des coûts supplémentaires liés à la pandémie de Covid-19.

Les rendements ont globalement baissé au cours du dernier mois, reflétant une pression plus large sur les marchés financiers. L’indice JPM EMBI Global Diversified a enregistré une performance négative de 4,3 % depuis le début de l’année, comparable à la baisse de 5,3 % enregistrée en 2013, lors de la crise de la “taper tantrum”. Cette performance négative est principalement due à la hausse des rendements des bons du Trésor américain (UST), qui ont augmenté de 70 points de base en mars, après avoir atteint un plus bas de 339 points de base début février.

La faiblesse du dollar américain pourrait offrir un certain soutien aux marchés émergents. La tendance à la force du dollar observée en début d’année devrait s’inverser, car une reprise économique mondiale plus large tend à réduire la demande de dollars. De plus, l’inflation plus élevée aux États-Unis est un facteur négatif pour le dollar, car elle diminue son pouvoir d’achat. Les taux réels négatifs sur le marché américain contribuent également à cette perspective de faiblesse du dollar.

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