Publié le 26 octobre 2023 17h13. Les entreprises qui embauchent des détenus en Italie peuvent bénéficier d’un avantage fiscal significatif, mais la date limite pour soumettre les demandes approche rapidement.
- Un crédit d’impôt mensuel allant jusqu’à 520 € par travailleur est disponible pour les entreprises employant des personnes incarcérées.
- La date limite pour soumettre les demandes de ce bonus fiscal est fixée au 31 octobre.
- Plus de 21 000 détenus travaillent actuellement en Italie, dont une part importante pour des entreprises externes.
Un dispositif incitatif fiscal vise à encourager l’embauche de personnes incarcérées en Italie, favorisant ainsi leur réinsertion sociale par le travail. Ce bonus, renouvelé chaque année, s’inscrit dans le cadre de la loi Smuraglia, conçue pour promouvoir l’inclusion sociale à travers l’emploi.
Le mécanisme est simple : les entreprises qui emploient des détenus éligibles peuvent bénéficier d’un crédit d’impôt mensuel. Le montant de cette aide est proportionnel au salaire versé, avec un plafond de 520 € par mois et par employé. Ce bonus s’applique également aux contrats à temps partiel, mais dans ce cas, le montant maximal est ramené à 300 € par mois.
Ce dispositif représente une réduction des coûts de main-d’œuvre pour les entreprises tout en offrant une opportunité de réinsertion professionnelle pour les détenus. Il s’adresse spécifiquement aux entreprises qui souhaitent embaucher des personnes en détention, autorisées à exercer une activité professionnelle, que ce soit dans le cadre de semi-liberté (travail à l’extérieur de l’établissement pénitentiaire) ou à l’intérieur de la prison, mais sans être employées par l’administration pénitentiaire.
Pour être éligible, l’entreprise doit établir une relation de travail directe avec le détenu pour une durée minimale de 30 jours, en respectant les conventions collectives nationales et la réglementation en vigueur. Le crédit d’impôt est également accessible si la relation de travail a débuté pendant la période de détention ou dans les 18 mois suivant la libération pour les bénéficiaires de la semi-liberté ou du travail externe, et dans les 24 mois pour les autres détenus.
Des allègements fiscaux sont également prévus pour les activités de formation professionnelle. Cependant, une condition est requise : le stage de formation doit être suivi d’une embauche immédiate pour une durée au moins équivalente à trois fois la durée de la formation bénéficiant de l’allègement.
La procédure pour obtenir ce bonus fiscal se déroule en trois étapes clés. D’abord, avant le 31 octobre, les entreprises doivent soumettre une demande aux établissements pénitentiaires, en indiquant le montant total du crédit d’impôt qu’elles estiment pouvoir bénéficier pour l’année suivante, incluant les sommes relatives à la période post-carcérale et aux activités de formation. Ensuite, les directions pénitentiaires transmettent ces demandes aux directeurs régionaux, qui doivent les acheminer au DAP (Département de l’Administration Pénitentiaire) avant le 15 novembre. Enfin, avant le 15 décembre, le DAP définit et communique le montant maximal dû à chaque entreprise bénéficiaire à l’Agence des Recettes, qui gérera le crédit d’impôt. La liste des montants sera ensuite publiée en ligne sur le site du ministère de la Justice.
Selon les données rapportées par Il Sole 24 Ore le 20 octobre et compilées dans le rapport « Zéro rechute » de Censis, on comptait, en date d’aujourd’hui, 21 235 détenus employés dans des activités professionnelles en Italie. Cela représente 34,3 % de la population carcérale. Parmi ceux-ci, 18 063 travaillent pour l’Administration Pénitentiaire ou sont impliqués dans des activités internes aux établissements, tandis que 3 172 sont employés par des entreprises ou des coopératives externes, notamment dans les secteurs de l’entretien, du portage, de l’agriculture et des services généraux.
Pour aller plus loin
