Home Technologie et scienceCaracas cherche à tenir les États-Unis pénalement responsables de l’escalade militaire dans les Caraïbes

Caracas cherche à tenir les États-Unis pénalement responsables de l’escalade militaire dans les Caraïbes

by Thomas Caron

Les tensions montent d’un cran dans la région caribéenne alors que les États-Unis intensifient leur présence militaire au large des côtes vénézuéliennes et accusent Caracas de liens avec le trafic de drogue et des groupes considérés comme terroristes. Le Venezuela a annoncé qu’il allait porter plainte contre Washington devant les instances internationales, dénonçant une menace d’intervention.

Le gouvernement vénézuélien a annoncé son intention de traduire les États-Unis en justice pour leurs « menaces et attaques », a déclaré Jorge Rodríguez, président du Parlement vénézuélien. Un conseil spécial, le Conseil national pour la souveraineté et la paix, a été mis en place en septembre dernier pour répondre à ces actions et se chargera d’organiser un congrès international de juristes et d’universitaires afin de défendre « le droit à la paix ». Des experts internationaux seront également invités à témoigner des violations du droit international et des droits de l’homme.

Par ailleurs, une réunion de parlementaires caribéens sera organisée au Venezuela pour réaffirmer la volonté de faire de la région une zone de paix, a précisé M. Rodríguez. « Plus de 30 activités sont prévues dans les prochains jours », a-t-il ajouté lors d’une session du Conseil retransmise à la télévision nationale.

Ces annonces interviennent après que le président américain Donald Trump a publiquement envisagé des frappes terrestres au Venezuela, suite à un déploiement naval important comprenant au moins huit navires de guerre et un sous-marin, ainsi qu’environ 10 000 soldats, principalement stationnés à Porto Rico, depuis le 19 août. M. Trump a également autorisé la CIA à mener des opérations secrètes dans le pays.

Caracas rejette fermement ces accusations et dénonce une tentative de « changement de régime » visant à s’emparer des ressources pétrolières du Venezuela. Le gouvernement vénézuélien a qualifié l’intervention de la CIA de violation du droit international et de la Charte des Nations Unies, exprimant une « extrême inquiétude » face à ces « manœuvres ».

Le Venezuela a également annoncé qu’il déposera une plainte auprès du Conseil de sécurité de l’ONU ce jeudi 16 octobre, afin de demander des comptes à l’administration Trump et d’empêcher une escalade militaire dans les Caraïbes. L’ambassadeur américain auprès de l’ONU, Mike Waltz, a défendu les actions de son pays, affirmant qu’elles ciblaient des « groupes terroristes désignés » et que les États-Unis exerçaient leur droit à l’autodéfense en vertu de l’article 51 de la Charte des Nations Unies.

Washington justifie son intervention par la lutte contre le trafic de drogue et des organisations qu’elle qualifie de terroristes, notamment le gang vénézuélien Tren de Aragua et le Cartel des Soleils, que l’administration Trump associe au gouvernement de Nicolás Maduro. Au moins 20 personnes seraient mortes lors d’au moins cinq affrontements navals survenus dans les Caraïbes depuis le 19 août, bien que les États-Unis n’aient pas encore présenté de preuves publiques de leurs allégations.

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