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Carney ouvre la porte à l’abolition de la Loi sur les Indiens

Le premier ministre Mark Carney et des dirigeants des Premières Nations se sont réunis à Ottawa pour discuter d'une réforme de la Loi sur les Indiens, un texte adopté en 1876.

Le premier ministre Mark Carney et la cheffe nationale de l’Assemblée des Premières Nations, Cindy Woodhouse Nepinak

Le premier ministre Mark Carney et des dirigeants des Premières Nations se sont réunis à Ottawa pour discuter d’une réforme de la Loi sur les Indiens, un texte adopté en 1876. Cette rencontre historique, la première du genre en vingt ans, a relancé le débat sur l’avenir de cette législation coloniale.

La rencontre s’est tenue le 26 octobre 2026 à Ottawa, réunissant près de 200 chefs et dirigeants des Premières Nations ainsi que des premiers ministres provinciaux et territoriaux. Il s’agissait du premier sommet de ce type en vingt ans, le précédent remontant à 2005 à Kelowna. L’événement a toutefois été marqué par l’absence du premier ministre québécois, Paul St-Pierre Plamondon, qui a privilégié une approche de nation à nation directement sur son territoire sans coordination fédérale.

Les appels de Wab Kinew pour l’abolition de la Loi sur les Indiens

Le débat a pris une tournure inattendue lorsque le premier ministre du Manitoba, Wab Kinew, a ouvertement plaidé pour l’abrogation de la Loi sur les Indiens, brandissant sa carte de statut lors des discussions. Introduite en 1876, cette législation fédérale régit l’identité, le statut d’Indien, la gestion des réserves et les conseils de bande, tout en portant l’héritage d’une politique coloniale d’assimilation.

Mark Carney ouvre la porte à l'abolition de la Loi sur les Indiens

Le premier ministre Mark Carney a immédiatement réagi à cette proposition en se déclarant très ouvert à l’idée d’aller au-delà de ce cadre législatif.

C’est un anachronisme de notre passé, et j’hésite parce que de le dire comme cela, c’est un euphémisme : c’est une loi raciste, au fond, qui existe encore.

Mark Carney, premier ministre du Canada

La diversité des réactions parmi les dirigeants autochtones

L’ouverture manifestée par Ottawa et certains dirigeants provinciaux ne fait pas l’unanimité au sein des communautés autochtones. Si la cheffe nationale de l’Assemblée des Premières Nations, Cindy Woodhouse Nepinak, a salué une démarche permettant aux Premières Nations de décider pour elles-mêmes, des voix plus réservées se font entendre sur le terrain.

La cheffe de l’Assemblée des Premières Nations, Cindy Woodhouse Nepinak, prend la parole lors du Sommet des Premières
Photo : Le Nouvelliste

À Winnipeg, des acteurs économiques et des membres de communautés ont exprimé des craintes quant à la perte potentielle de droits protégés et aux risques d’ingérence provinciale. Odessa Stair, originaire de la Première Nation de Sagkeeng, a résumé ce sentiment d’incertitude.

C’est très déstabilisant d’abolir la Loi sur les Indiens, mais que se passerait-il si, un jour, nous n’étions plus des Indiens, si nous ne l’avions jamais été?

Odessa Stair, membre de la Première Nation de Sagkeeng

D’autres critiques ont souligné le manque de représentation des jeunes à la table des négociations. Jeronimo Kataquapit, présent pour manifester à l’extérieur du lieu de la réunion, a rappelé que les décisions prises par les gouvernements touchent directement l’avenir des jeunes générations sans leur consentement préalable.

Révision de la Loi sur les Indiens: Carney n'a pas de «conclusion préalable»

Projets économiques et fonds souverain envisagés

Au-delà de la question législative, la rencontre a permis d’aborder la participation des Premières Nations aux grands projets d’infrastructure et de développement économique à travers le pays. Le gouvernement fédéral s’est ainsi engagé à étudier la création d’un fonds souverain des Premières Nations.

Ce mécanisme permettrait aux communautés d’investir directement et d’obtenir des participations dans des chantiers d’envergure. En parallèle, Ottawa a prévu d’examiner le financement des services de police autochtones ainsi que des enveloppes budgétaires destinées à la sécurité communautaire et à la prévention de la criminalité.

De gauche à droite: la ministre des Affaires du Nord et de l’Arctique, Rebecca Chartrand, la ministre des Relations
Photo : Le Soleil

Les discussions et les modalités entourant une éventuelle réforme ou abolition de la Loi sur les Indiens doivent se poursuivre lors de l’Assemblée extraordinaire des Chefs prévue à Ottawa en décembre 2026.

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À propos de l’auteur: Nicolas Lefèvre

Nicolas Lefèvre couvre l’actualité française, de la vie politique aux questions sociales et économiques. Il privilégie les explications claires, les faits datés et les informations directement utiles au lecteur.