Home AffairesCase Garlasco, argent pour les avocats et les dates qui ne reviennent pas: le semi-se défendre se défendre

Case Garlasco, argent pour les avocats et les dates qui ne reviennent pas: le semi-se défendre se défendre

by Amélie Bernard

Publié le 28 septembre 2025. Une enquête pour corruption secoue le milieu judiciaire italien, impliquant d’anciens magistrats et la famille d’Andrea Semplio, condamné pour le meurtre de Chiara Poggi en 2007. Des notes manuscrites et des mouvements bancaires suspects relancent les interrogations sur l’intégrité de la procédure.

  • Des notes manuscrites suggèrent une proposition de paiement à un procureur pour obtenir un classement de l’affaire Semplio.
  • Des mouvements bancaires inhabituels, totalisant plus de 78 000 euros, ont été détectés entre les membres de la famille Semplio.
  • Deux carabiniers sont également sous le feu des projecteurs pour des contacts jugés suspects avec Andrea Semplio.

L’enquête, menée par le parquet de Brescia, s’articule autour de quatre éléments principaux : un “pizzino” (petit mot) compromettant, des contacts “opaques”, des négligences dans le suivi de l’affaire et des opérations bancaires douteuses. La famille d’Andrea Semplio tente activement de discréditer l’enquête, multipliant les interventions médiatiques et les contestations des preuves.

Au cœur de l’affaire se trouve Mario Venditti, ancien procureur de Pavie, soupçonné d’avoir reçu entre 20 000 et 30 000 euros pour favoriser Andrea Semplio dans l’enquête sur le meurtre de Chiara Poggi, survenu le 13 août 2007 à Garlasco. Alberto Stasi a été définitivement condamné à 16 ans de prison pour ce crime. Venditti avait initialement demandé un classement de l’affaire, accepté en mars 2017 par un juge. Les enquêteurs de Brescia se concentrent sur le premier classement, et non sur celui de 2020, également ordonné par Venditti.

L’ancien procureur Venditti se défend avec véhémence :

« Cette accusation m’offense en tant qu’homme et en tant que magistrat qui depuis 45 ans a servi l’État. Je n’ai jamais pris d’argent à personne et je serais toujours irréprochable. »

Mario Venditti, ancien procureur de Pavie

Les perquisitions menées hier au domicile de l’ancien procureur, des parents et des oncles de Semplio, ainsi que chez deux carabiniers, Giuseppe Spoto et Silvio Sapone, ont relancé l’attention sur cette affaire complexe. Cependant, l’enquête n’a pour l’instant pas remis en question la culpabilité de Stasi, jugé et condamné par la cour d’appel de Milan. La Cour européenne des droits de l’homme examinera en 2024 l’appel des condamnés, qui dénoncent un procès entaché de vices.

Domenico Aiello, l’avocat de Venditti, réclame l’intervention des inspecteurs du Garde des Sceaux Carlo Nordio au parquet de Pavie, dénonçant un manque de mesure dans l’affaire Garlasco. Selon des notes manuscrites saisies le 14 mai dernier au domicile des parents de Semplio, il semblerait qu’un paiement ait été proposé à Venditti en février 2017, en contrepartie d’un classement de la procédure.

L’avocat Massimo Lovati, qui assiste régulièrement Semplio, ne nie pas l’habitude de paiements en espèces, tandis que sa collègue Angela Taccia avance une explication alternative :

« Dans l’Appunto écrit, il est fait référence à 20-30 euros, pas à 20 à 30 000 euros. S’il s’agit de sommes aussi faibles, il pourrait s’agir de droits de timbre, ce qui peut être justifié par les frais de justice. »

Angela Taccia, avocate de la défense

L’enquête met également en lumière des anomalies dans le déroulement des investigations de 2017, notamment l’omission de passages pertinents des écoutes téléphoniques et des contacts non justifiés entre les carabiniers Sapone et Spoto et Andrea Semplio. Sapone aurait rencontré Semplio sans raison apparente, tandis que Spoto aurait passé un temps anormalement long à l’informer de sa convocation. Les deux militaires ont été entendus hier en tant que témoins.

La défense de la famille Semplio rejette fermement les accusations de corruption. Daniela Ferrari, la mère d’Andrea, a déclaré :

« La famille Semplio n’a corrompu personne. Nous ne connaissons personnellement le Dr Venditti et personne de la famille Semplio ne lui a jamais donné une lire. Toutes les accusations portées contre lui sont infondées. »

Daniela Ferrari, mère d’Andrea Semplio

L’analyse des écoutes téléphoniques, organisées par le procureur adjoint Venditti, révèle qu’Andrea Semplio était déjà au courant de certains éléments de l’enquête dès le 9 février 2017, la veille de son interrogatoire. Il avait notamment “canné” sa réponse concernant son alibi pour le 13 août 2007.

Les investigations financières ont révélé des mouvements de fonds suspects entre décembre 2016 et juin 2017, avec des chèques émis par les tantes paternelles pour un montant total de 43 000 euros et des retraits d’espèces pour 35 000 euros, non justifiés par les relevés bancaires habituels de la famille. La défense persiste dans son innocence, affirmant que ces dépenses étaient légales.

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