Publié le 9 octobre 2025 à 16h41. Catherine Connolly, candidate à la présidence irlandaise, est sous le feu des critiques après des révélations sur le financement de son voyage en Syrie en 2018, initialement présenté comme autofinancé.
- Catherine Connolly a utilisé une allocation parlementaire financée par les contribuables (PAA) pour couvrir des dépenses liées à un voyage en Syrie en 2018, pour un montant d’environ 3 700 € (3 691 €).
- Elle avait initialement déclaré avoir financé elle-même ce voyage lors du lancement de sa campagne présidentielle en juillet dernier.
- Le voyage, effectué en pleine guerre civile syrienne, comprenait une rencontre controversée avec un homme d’affaires syrien proche du régime de Bachar al-Assad.
Des informations révélées par le Irish Times ont mis en lumière un décalage entre les déclarations publiques de Catherine Connolly et l’utilisation réelle de fonds publics pour son déplacement en Syrie en 2018. La candidate avait affirmé avoir personnellement financé ce voyage, présenté comme une mission d’enquête, lors du lancement de sa campagne présidentielle en juillet. Cependant, un examen des dépenses parlementaires de Mme Connolly révèle que près de 3 700 € (3 691 €) ont été prélevés sur son allocation d’activités parlementaires (PAA) pour couvrir les frais liés à ce déplacement.
Interrogée à ce sujet, Mme Connolly a finalement confirmé avoir utilisé le PAA pour financer le voyage, tout en insistant sur le fait qu’elle n’avait jamais donné l’impression d’avoir utilisé des fonds personnels. Elle a expliqué que l’allocation parlementaire est destinée à financer des activités de recherche et de politique, et que son voyage en Syrie s’inscrivait dans ce cadre.
« C’est exactement ce que j’ai fait, avec mon allocation parlementaire PAA. C’est exactement ce que j’ai fait. »
Catherine Connolly, candidate à la présidence
Le voyage en Syrie, effectué en 2018, s’est déroulé dans un contexte de guerre civile dévastatrice et sous le régime de Bachar al-Assad. Mme Connolly faisait partie d’une délégation irlandaise comprenant également Claire Daly, Mick Wallace et Maureen O’Sullivan. La délégation a visité un camp de réfugiés près de Damas, ainsi que des villes comme Alep, où elle a rencontré des représentants de la chambre de commerce locale et des travailleurs de l’Unicef.
La rencontre avec Fares al-Shehabi, homme d’affaires et homme politique syrien, a suscité des interrogations. M. al-Shehabi était un fervent partisan des actions militaires du gouvernement syrien et était soumis à des sanctions de l’Union européenne. Il avait également publié des commentaires controversés sur les réseaux sociaux, notamment à l’encontre d’une jeune critique du régime. Mme Connolly a reconnu rétrospectivement que cette rencontre était une erreur, qualifiant M. al-Shehabi d’« inacceptable ».
« Je n’avais absolument aucun respect pour cet homme après l’avoir écouté pendant tout le temps que je l’ai écouté. […] Absolument, rétrospectivement, quand on regarde en arrière et que l’on voit les commentaires qu’il a faits et que vous les voyez, absolument, cet homme est totalement inacceptable pour moi. »
Catherine Connolly, candidate à la présidence
La campagne de Mme Connolly a publié une déclaration justifiant l’utilisation du PAA pour financer le voyage, affirmant qu’il s’agissait d’une mission de recherche visant à recueillir des informations sur la politique étrangère, les questions humanitaires et la neutralité irlandaise. Elle a également souligné que l’engagement avec des acteurs locaux, même controversés, faisait partie d’une recherche parlementaire responsable et n’impliquait pas l’approbation de leurs actions ou de leurs opinions.
L’équipe de campagne n’a pas fourni de ventilation détaillée des dépenses liées au voyage en Syrie, malgré les demandes du Irish Times. Mme Connolly a par ailleurs affirmé qu’elle n’avait “aucune difficulté en matière de contrôle et de responsabilité” et que toutes ses dépenses avaient été dûment enregistrées et auditées.
Lien vers un article connexe du Irish Times concernant des accusations de violation des règles par Catherine Connolly.
Lien vers un article du Irish Times sur un événement de collecte de fonds pour Catherine Connolly.
