Publié le 2024-02-29 14:35:00. La lutte contre les kilos superflus serait davantage dictée par notre biologie que par un simple manque de volonté, selon de récentes études. Comprendre les mécanismes complexes qui régissent notre poids pourrait révolutionner la prise en charge de l’obésité.
- Entre 80 et 95 % des personnes qui perdent du poids le reprennent dans les trois à cinq années qui suivent.
- Le corps réagit à une perte de poids en activant des mécanismes hormonaux et métaboliques pour revenir à son poids initial.
- L’obésité est désormais considérée comme une maladie chronique nécessitant une approche médicale globale et personnalisée.
La difficulté à maintenir un poids santé ne serait pas une question de manque de discipline, mais bien une réponse biologique programmée. C’est le constat qui émerge de plusieurs études récentes, relayées notamment par le magazine National Geographic. Lorsque l’organisme détecte une perte de poids, il met en place des défenses pour tenter de retrouver son équilibre initial, son point de consigne.
Le principal mécanisme de défense est un ralentissement du métabolisme. En perdant du poids, le corps brûle moins de calories pour effectuer les mêmes fonctions, ce qui oblige la personne à réduire encore davantage son apport calorique pour continuer à maigrir, et ce, par rapport à une personne de taille similaire qui n’a jamais suivi de régime. Ce phénomène a été particulièrement observé lors d’une étude de 2016 menée auprès de participants à une émission de téléréalité. Les chercheurs ont constaté que ces participants avaient repris une part importante du poids perdu et présentaient un taux métabolique plus lent.
Au niveau hormonal, le corps réagit également. La production de ghréline, l’hormone qui stimule l’appétit, augmente, tandis que les niveaux de leptine et de peptide YY, des hormones qui signalent la satiété, diminuent. Ces modifications peuvent persister pendant au moins un an après la perte de poids.
Face à ces adaptations métaboliques, la prise en charge de l’obésité évolue. On s’éloigne d’une approche basée uniquement sur le régime pour privilégier une approche plus globale et tenant compte des aspects biologiques. Les experts reconnaissent désormais que l’obésité est une maladie chronique et complexe qui nécessite des soins médicaux professionnels. Le gastro-entérologue Andrés Acosta, de la Mayo Clinic, souligne l’importance d’une prise en charge personnalisée :
« Le rôle du médecin est d’aider à contrer les défis spécifiques de chaque patient, en proposant un traitement adapté à sa situation. »
Andrés Acosta, chercheur à la Mayo Clinic
Un obstacle majeur à la prise en charge de l’obésité reste la stigmatisation sociale et les préjugés liés au poids. De nombreux patients hésitent à consulter par crainte d’être jugés, et même au sein du système de santé, des biais inconscients peuvent persister. Il est essentiel de considérer l’obésité non pas comme un manque de volonté ou une faiblesse morale, mais comme une maladie chronique influencée par des facteurs biologiques, environnementaux et psychologiques. L’objectif ultime n’est pas seulement un chiffre sur la balance, mais l’amélioration de la santé globale de la personne.
