L’économie mondiale affiche des signes contradictoires, entre une résilience américaine inattendue et un affaiblissement marqué de la zone euro, tandis que l’intelligence artificielle continue de stimuler certains secteurs clés. Les inquiétudes persistent néanmoins concernant le marché du travail et les risques de récession.
Les résultats du troisième trimestre se sont avérés meilleurs que prévu pour les grandes institutions financières, avec une hausse de 12 % de leurs bénéfices. Cependant, cette performance est contrebalancée par des pertes sur créances atteignant 3,4 milliards de dollars, un niveau inégalé depuis plus de cinq ans. La faillite de Tricolor, une société spécialisée dans les prêts automobiles à risque, a notamment pesé sur les résultats de JP Morgan, qui a dû déprécier 170 millions de dollars au troisième trimestre. Interrogé sur les risques potentiels, le PDG de JP Morgan, Jamie Dimon, a mis en garde : « Quand vous voyez un cafard, il y en a probablement plus ». La banque a ainsi provisionné 810 millions de dollars supplémentaires pour faire face à d’éventuelles créances douteuses.
Malgré ces signaux d’alerte, Jamie Dimon estime que l’économie américaine reste globalement solide, bien qu’il observe « certains signes de ralentissement, notamment en termes de croissance de l’emploi ». Il a également noté que l’impact économique des droits de douane s’est avéré moins important que prévu, tout en soulignant que les négociations tarifaires ne sont pas encore achevées.
Sur le front de la politique monétaire, Christopher Waller, gouverneur de la Réserve fédérale américaine (Fed), a plaidé en faveur d’une baisse des taux d’intérêt lors de la réunion d’octobre, en raison de ses préoccupations concernant le marché du travail. Son influence au sein du FOMC (Federal Open Market Committee) ne cesse de croître, notamment en raison de sa capacité à anticiper les révisions à la baisse des chiffres de l’emploi publiées par le ministère du Travail. Waller ne s’inquiète pas non plus d’une poussée inflationniste, compte tenu de la faible croissance économique mondiale et des prix du pétrole brut relativement bas.
La publication des chiffres de septembre a été retardée en raison de la fermeture partielle du gouvernement fédéral américain. En conséquence, les ventes à magasins comparables sont devenues un indicateur clé pour évaluer la santé du secteur de la vente au détail. Les prévisions pour la période des fêtes de fin d’année restent prudentes, en raison de l’incertitude politique et de la faiblesse du marché du travail. Néanmoins, les dépenses de consommation pourraient surprendre à la hausse, comme cela arrive souvent pendant les fêtes.
L’Europe, quant à elle, est confrontée à des difficultés croissantes. Eurostat a annoncé une baisse de 26 % des exportations de l’Union européenne vers les États-Unis en août, atteignant 38,3 milliards de dollars (environ 35,6 milliards d’euros). Sur les 12 derniers mois, les exportations de l’UE vers les États-Unis ont diminué de 22 %. Par ailleurs, la production industrielle dans la zone euro a reculé de 1,2 % en août, sous l’effet d’une chute de 5,2 % en Allemagne. La France et l’Italie ont également enregistré une baisse de leur production industrielle. L’ensemble de la zone euro risque de sombrer dans une récession, en raison de la faiblesse de l’économie chinoise et des nouveaux droits de douane imposés par les États-Unis. L’Allemagne, en particulier, est déjà en récession pour la troisième année consécutive, en raison de la flambée des prix de l’énergie qui a incité de nombreuses entreprises à délocaliser leur production vers des pays d’Europe centrale comme la République tchèque, la Hongrie, la Pologne et la Slovaquie.
Concernant le secteur des semi-conducteurs, les résultats de Taiwan Semiconductor sont considérés comme un baromètre de l’industrie. L’entreprise a affiché une forte performance, dépassant les attentes grâce au boom de l’intelligence artificielle. Bien que l’analyste ne recommande pas d’investir dans Taiwan Semiconductor pour le moment, il envisage de le faire à l’avenir, estimant que l’entreprise semble plus solide.
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