L’OTAN envisage de renforcer sa posture de défense dans les pays baltes face à une série d’incidents impliquant des aéronefs russes, allant de la violation de l’espace aérien à la détection de drones près d’infrastructures sensibles. L’alliance militaire pourrait transformer ses missions de surveillance aérienne en opérations de défense active, une décision qui pourrait entraîner une augmentation significative des capacités anti-aériennes dans la région.
La discussion intervient après que trois avions de chasse russes de type MiG-31 ont survolé l’espace aérien estonien pendant environ douze minutes, le 24 septembre 2024. Plus tôt, des drones non identifiés avaient été repérés au Danemark, à proximité d’installations militaires et d’aéroports.
L’amiral Giuseppe Cavo Dragone, président du comité militaire de l’OTAN, a déclaré à l’issue d’une réunion à Riga que la conversion de la mission actuelle de police aérienne en une mission de défense aérienne est une option qui pourrait être envisagée après la conclusion des enquêtes en cours. « L’OTAN ne cherche pas la confrontation avec les forces armées russes, mais elle n’hésitera pas à prendre toutes les mesures nécessaires pour assurer la défense collective », a-t-il affirmé.
Plusieurs pays membres, dont la Lettonie et la Lituanie, ont déjà plaidé pour un renforcement de la défense aérienne dans la région, en raison de leur proximité avec la Russie et de leurs capacités limitées en matière de défense aérienne. La mission Baltic Air Policing, lancée en 2004, assure actuellement la sécurité de l’espace aérien de l’Estonie, de la Lettonie et de la Lituanie, avec une rotation de pays membres, dont l’Allemagne, fournissant les avions de chasse.
En réponse à ces incidents, l’OTAN a annoncé le déploiement d’une frégate de défense aérienne supplémentaire en mer Baltique, renforçant ainsi sa mission “Baltic Sentry”, lancée en janvier 2024 pour la protection des infrastructures critiques telles que les câbles sous-marins et les pipelines de gaz. À ce stade, il est difficile d’évaluer précisément les circonstances des récentes violations de l’espace aérien, a précisé l’amiral Cavo Dragone.
La possible évolution vers une mission de défense aérienne pourrait également impliquer l’adoption de nouvelles règles opérationnelles concernant l’utilisation des armes, facilitant ainsi l’interception d’aéronefs non identifiés pénétrant dans l’espace aérien de l’OTAN.
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