Publié le 14 novembre 2023 17:52:00. L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) a publié ses premières recommandations mondiales pour la prise en charge du diabète pendant la grossesse, une condition qui touche près de 21 millions de femmes chaque année et peut avoir des conséquences graves pour la mère et l’enfant. Ces nouvelles directives visent à améliorer le dépistage, le traitement et la prévention de cette complication croissante, en particulier dans les pays à faibles revenus.
- Le diabète pendant la grossesse augmente considérablement le risque de complications graves pour la mère (pré-éclampsie, mortinaissance) et l’enfant (dystocie, diabète de type 2 à long terme).
- Pour la première fois, l’OMS propose une norme de soins unifiée et spécifique pour le diabète gestationnel et préexistant.
- Les recommandations mettent l’accent sur des plans de soins individualisés, une surveillance régulière de la glycémie et un soutien multidisciplinaire pour les femmes à haut risque.
L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) a lancé ses premières lignes directrices mondiales dédiées à la prise en charge du diabète pendant la grossesse, une étape cruciale pour la santé maternelle et néonatale. Selon les estimations de l’OMS, une grossesse sur six est touchée par le diabète, ce qui représente près de 21 millions de femmes chaque année dans le monde. Ces recommandations, publiées à l’occasion de la Journée mondiale du diabète, ambitionnent de transformer la manière dont ce problème de santé en expansion est identifié, traité et prévenu dans les systèmes de santé du monde entier.
Le diabète pendant la grossesse, qu’il s’agisse d’une condition préexistante ou d’un diabète gestationnel, peut entraîner des complications sérieuses si la glycémie n’est pas correctement contrôlée. Les risques incluent la pré-éclampsie, la mortinaissance, la dystocie (difficultés lors de l’accouchement) et des blessures à la naissance. À long terme, les mères et les bébés sont plus susceptibles de développer un diabète de type 2, des maladies cardiaques et d’autres troubles métaboliques.
L’impact de ces complications est particulièrement préoccupant dans les pays à revenu faible ou intermédiaire, où l’accès au dépistage précoce, aux médicaments essentiels, au matériel de surveillance de la glycémie et aux soins spécialisés est souvent limité. Les nouvelles directives de l’OMS visent à réduire ces inégalités et à garantir que toutes les femmes, quel que soit leur lieu de résidence, bénéficient d’un soutien de qualité en temps voulu.
Jusqu’à présent, l’OMS avait publié des conseils généraux sur la prise en charge du diabète et des recommandations spécifiques pour la grossesse, mais il s’agissait de la première fois qu’une norme de soins unifiée et dédiée au diabète pendant la grossesse était établie.
« Ces lignes directrices sont ancrées dans les réalités de la vie et des besoins de santé des femmes, et proposent des stratégies claires et fondées sur des données probantes pour fournir des soins de haute qualité à chaque femme, partout dans le monde. »
Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus, Directeur général de l’OMS
Les directives comprennent 27 recommandations clés couvrant l’ensemble du processus de prévention, de dépistage et de traitement.
Parmi les recommandations clés, l’OMS souligne l’importance de plans de soins individualisés, tenant compte des besoins spécifiques de chaque femme et de son contexte culturel. Ces plans doivent inclure des conseils personnalisés sur l’alimentation, l’activité physique et les objectifs de glycémie adaptés à l’état de santé et au stade de la grossesse.
Une surveillance régulière et précise de la glycémie est également essentielle. Les directives préconisent des tests fréquents lors des consultations médicales, ainsi que l’utilisation, lorsque possible, de glucomètres ou de capteurs de glucose en continu pour une surveillance à domicile. La détection précoce des anomalies glycémiques permet d’éviter les complications.
Le traitement doit être adapté en fonction du type de diabète (type 1, type 2 ou gestationnel). Lorsque les modifications du mode de vie ne suffisent pas, les directives décrivent des protocoles thérapeutiques clairs pour l’utilisation de l’insuline et d’autres médicaments.
Enfin, les femmes présentant un risque élevé de complications doivent bénéficier d’un soutien multidisciplinaire impliquant des obstétriciens, des endocrinologues, des nutritionnistes et des éducateurs spécialisés dans le diabète.
Ces nouvelles directives s’inscrivent dans le thème de la Journée mondiale du diabète 2023, « Le diabète à toutes les étapes de la vie », qui met en évidence la nécessité d’une sensibilisation, d’une prévention et de soins adaptés à chaque âge. Le diabète touche actuellement plus de 800 millions de personnes dans le monde et constitue l’une des principales causes de maladies cardiaques, d’insuffisance rénale, de cécité et d’amputation des membres. Sa progression est particulièrement rapide dans les régions aux ressources limitées, où l’accès au dépistage et aux traitements est souvent insuffisant.
L’OMS appelle à une action mondiale pour renforcer les soins prénatals, améliorer l’accès aux outils de diagnostic et garantir une distribution équitable des médicaments essentiels. En améliorant la prise en charge du diabète pendant la grossesse, il est possible de sauver des vies et de protéger la santé des générations futures, contribuant ainsi à bâtir des sociétés plus saines.
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