Publié le 15 novembre 2025 à 02h00. L’intestin et le cerveau entretiennent une communication complexe, bien plus étroite qu’on ne le pense. Comprendre les mécanismes de cet « axe intestin-cerveau » est essentiel pour améliorer à la fois la santé physique et le bien-être mental.
L’adage populaire selon lequel l’estomac est un « deuxième cerveau » est souvent répété, mais la réalité est plus nuancée : c’est l’axe intestin-cerveau qui joue un rôle central dans notre santé globale. Comment cet échange d’informations s’opère-t-il ? Selon plusieurs experts, trois voies principales de communication sont en jeu, influençant à la fois notre corps et notre esprit.
La nutritionniste Cristina Capella Llacer explique dans son ouvrage Vivez sans inflammation. Construisez votre mode de vie anti-inflammatoire en 4 semaines l’existence de ces trois canaux : le système nerveux, le système hormonal et le système immunologique. Chacun d’eux contribue de manière significative à la relation entre les processus digestifs et leur impact sur notre état général.
Le canal le plus direct et le plus connu est sans conteste le nerf vague, qui relie physiquement le système digestif au cerveau. « Le cerveau informe l’intestin de nos émotions, et l’intestin répond en envoyant des signaux sur son fonctionnement », explique Capella. Ainsi, le stress et l’anxiété peuvent se manifester par des troubles digestifs tels que des gaz, des sensations de papillons dans l’estomac, voire de la diarrhée.
Renforcer ce canal nerveux peut aider à réduire la réactivité intestinale au stress, améliorant ainsi la digestion. Pour cela, la nutritionniste recommande de pratiquer quotidiennement, pendant trois minutes par jour, la respiration diaphragmatique, afin d’activer le système parasympathique.
D’autres techniques simples peuvent également stimuler le nerf vague : chanter, rire, parler doucement, prendre des douches froides ou des bains à température contrastée, ou encore partager un moment de détente avec un ami.
Outre le nerf vague, la voie hormonale joue un rôle crucial. L’intestin est en réalité une véritable « usine à sérotonine », un neurotransmetteur souvent appelé « hormone du bonheur », puisque 90 % de la sérotonine est produite au niveau intestinal. D’autres substances importantes, comme la dopamine et le GABA, impliquées dans la régulation de l’humeur, du sommeil et de l’appétit, y sont également synthétisées.
C’est pourquoi il est essentiel, selon Capella, de maintenir une alimentation équilibrée et d’éviter les aliments ultra-transformés. « Cela nous aide à avoir une meilleure humeur, à voir les choses plus clairement et à avoir envie de passer à l’action. Prendre soin de l’alimentation, du microbiote et du repos améliore non seulement la digestion, mais aussi la santé émotionnelle », affirme-t-elle.
Pour favoriser cette voie hormonale, la nutritionniste conseille de consommer des aliments riches en tryptophane, un acide aminé présent dans les œufs, les viandes maigres, les légumineuses et le poisson. Les graisses saines, comme l’huile d’olive ou les poissons gras, ainsi que les fibres prébiotiques, qui nourrissent les bonnes bactéries intestinales, sont également bénéfiques.
L’apport de probiotiques, via des aliments comme le yaourt, le kéfir ou le miso, et une exposition régulière au soleil, qui favorise la transformation de la sérotonine en mélatonine, sont également recommandés pour réguler le sommeil et le rythme circadien.
Enfin, la voie immunologique est à prendre en compte. Entre 70 et 80 % du système immunitaire se trouve dans l’intestin, en contact direct avec de nombreux antigènes provenant de l’alimentation. Une alimentation équilibrée est donc primordiale pour maintenir un bon état de santé.
« Notre microbiote intestinal produit des substances anti-inflammatoires qui nous protègent. Mais lorsqu’il y a une dysbiose, un déséquilibre bactérien, des signaux sont envoyés qui peuvent affecter l’humeur, l’énergie ou la concentration », souligne Capella.
Un intestin enflammé peut entraîner un « esprit embrumé ». Lorsque cette connexion est perturbée, des symptômes émotionnels tels que la tristesse, l’irritabilité, l’anxiété ou des ballonnements abdominaux peuvent apparaître.
