Home MondeComReg incapable d’aller de l’avant avec un système visant à bloquer les textes frauduleux

ComReg incapable d’aller de l’avant avec un système visant à bloquer les textes frauduleux

by Clara Dubois

Publié le 11 novembre 2023 à 14h30. Le régulateur irlandais des communications, ComReg, a repoussé l’introduction d’un système de blocage des SMS frauduleux, invoquant des problèmes techniques persistants et le besoin d’éviter des faux positifs qui pourraient pénaliser les utilisateurs légitimes.

  • Le déploiement du système de blocage, initialement prévu le 3 octobre, a été retardé en raison de difficultés rencontrées par certains opérateurs.
  • Les escroqueries par SMS coûtent environ 115 millions d’euros par an aux entreprises et aux particuliers irlandais.
  • ComReg privilégie actuellement le signalement des SMS suspects plutôt que leur blocage automatique, afin de minimiser les erreurs.

Des documents internes révèlent que ComReg était conscient des retards potentiels et s’inquiétait de l’image publique qui pourrait en découler. Un commissaire a souligné la nécessité d’avoir une explication claire pour justifier ce report, insistant sur l’importance de présenter une narration cohérente. L’objectif était de capitaliser sur la « bonne volonté » envers le système, conçu pour lutter contre la prolifération des faux messages.

Le régulateur a identifié des « problèmes de mise en œuvre importants » chez certains acteurs de l’industrie et un manque de données fiables pour garantir l’efficacité du blocage sans générer de faux positifs. Un rapport interne indique que le retard était considéré comme une approche « prudente » compte tenu des informations disponibles. Même après l’introduction des avertissements sur les SMS potentiellement frauduleux, ComReg s’appuyait encore sur des données incomplètes ou mal formatées provenant des opérateurs.

Un des principaux défis réside dans l’incapacité à quantifier précisément le nombre de faux positifs, c’est-à-dire les messages légitimes incorrectement identifiés comme des escroqueries. Dans ces conditions, ComReg estime qu’il est préférable de continuer à signaler les SMS comme « arnaque probable » plutôt que de les bloquer automatiquement.

Le président de ComReg, Garrett Blaney, a recommandé d’éviter un communiqué de presse officiel concernant le report et de se contenter d’une note d’information en ligne. Il a écrit qu’il fallait mettre en avant les progrès réalisés avec l’identification de l’expéditeur et expliquer les raisons de ce report, en soulignant la prudence nécessaire. Il a également noté que la presse s’intéressait à cette question et qu’il était important de clarifier la position de ComReg.

Un e-mail interne a révélé une certaine surprise face au changement de plan à la dernière minute. Un responsable a déclaré : « Nous ne nous étions pas préparés à cela car nous travaillions sur ce qui avait été convenu. L’équipe devra retirer cela maintenant et recalibrer les plans compte tenu de ce changement très tardif. »

Interrogé sur ces documents, un porte-parole de ComReg a déclaré : « Le blocage des messages SMS A2P provenant d’identifiants d’expéditeur non enregistrés devait commencer le 3 octobre. Même si la majorité des acteurs du secteur ont désormais résolu leurs problèmes techniques, il reste un certain nombre d’agrégateurs participants avec des questions en suspens. » ComReg assure suivre la situation de près et estime qu’il existe encore un « risque potentiel et évitable » s’il passait à la phase de blocage dans l’immédiat.

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