Publié le 24 septembre 2025. La découverte et la reconstruction numérique d’un crâne fossile chinois vieux d’un million d’années pourraient éclairer l’évolution rapide de l’homme moderne en Asie et révéler des liens insoupçonnés avec les mystérieux Denisova.
- Une équipe de chercheurs a reconstitué numériquement le crâne Yunxian 2, découvert en 1990 dans la province du Hubei.
- L’analyse révèle que ce crâne est plus proche de l’espèce éteinte appelée « Dragon Man » et des Denisova que des ancêtres directs de l’Homo erectus.
- Les données suggèrent une diversification rapide des populations humaines il y a entre 1,38 million et 1,02 million d’années.
La reconstruction du crâne Yunxian 2, vieux d’un million d’années, ouvre de nouvelles perspectives sur l’histoire évolutive de l’humanité. Longtemps considéré comme un ancêtre de l’Homo erectus, ce fossile révèle, grâce aux avancées de la tomographie par calcul (CT), des caractéristiques surprenantes qui le rapprochent d’espèces plus récentes et énigmatiques.
L’étude, publiée jeudi dans la revue Science, met en évidence une combinaison unique de traits, notamment une grande capacité crânienne, un front allongé et une faible distance entre les orbites. Ces particularités placent le crâne Yunxian 2 au sein d’un groupe que les chercheurs appellent le clade Homo Longi, une lignée qui inclut également les Denisova.
« Le clade Homo Longi, qui comprend les Denisova, a perduré pendant plus d’un million d’années, tout comme les Néandertaliens et les Sapiens. »
Chris Stringer, paléoanthropologue au Natural History Museum de Londres
En analysant les données de 57 crânes fossiles, les scientifiques estiment que la lignée des Néandertaliens s’est séparée de ses ancêtres communs il y a environ 1,38 million d’années. Le clade H. Longi aurait divergé environ 1,2 million d’années plus tard, suivi de l’H. Sapiens vers 1,02 million d’années. Il est important de noter que les plus anciennes preuves fossiles de l’H. sapiens proviennent de Jebel Irhoud au Maroc et datent d’environ 300 000 ans. Cette courte période de temps suggère une diversification rapide des populations humaines.
Les chercheurs s’interrogent sur les facteurs qui ont pu favoriser cette évolution rapide. Selon Xijun Ni, paléoanthropologue à l’Académie chinoise des sciences, ces populations anciennes vivaient probablement dans des groupes relativement isolés et adaptés à des environnements paléo diversifiés.
« Ils vivent dans une petite population relativement isolée et adaptée à un environnement paléo diversifié. »
Xijun Ni, paléoanthropologue à l’Académie chinoise des sciences
L’étude suggère que le crâne Yunxian 2 pourrait représenter une forme primitive du groupe qui a donné naissance aux Denisova. Les chercheurs pensent que des événements climatiques majeurs, tels que les périodes de froid intense survenues il y a environ 1,1 million et 900 000 ans, pourraient avoir joué un rôle déclencheur dans ces changements évolutifs et comportementaux, voire dans l’extinction de certaines espèces.
(RNS / HPS)
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