Home AffairesDaytona Beach enquête sur des allégations d’erreurs liées aux cartes de crédit de la ville

Daytona Beach enquête sur des allégations d’erreurs liées aux cartes de crédit de la ville

by Amélie Bernard

Publié le 19 novembre 2025 à 00:24:00. Une enquête est ouverte à Daytona Beach, en Floride, concernant l’utilisation potentiellement abusive des cartes d’achat municipales, suscitant l’inquiétude des élus locaux face à des dépenses non conformes aux règles.

  • Une enquête est en cours à Daytona Beach sur l’utilisation inappropriée des cartes d’achat municipales (P-Cards).
  • Des entrepreneurs et des employés extérieurs à la ville auraient effectué des achats personnels avec ces cartes, allant à l’encontre de la politique municipale.
  • Un audit des transactions est prévu pour vérifier leur conformité aux règles en vigueur.

L’utilisation des cartes d’achat municipales, ou P-Cards, fait l’objet d’une enquête à Daytona Beach. La commissaire aux comptes, Stacy Cantu, a tiré la sonnette d’alarme lors de la réunion du conseil municipal le 5 novembre, révélant que des dépenses suspectes ont été identifiées. Selon ses informations, des personnes extérieures à l’administration municipale auraient utilisé ces cartes pour régler des repas, des courses personnelles et des factures de téléphone portable, en violation flagrante de la politique de la ville.

« Lorsqu’un entrepreneur a besoin de quelque chose, il doit passer une commande et être remboursé. Il ne devrait en aucun cas avoir accès aux fonds de la ville », a souligné Stacy Cantu lors de la réunion. Cette position est partagée par la commissaire Paula Reed, qui a déclaré ne l’utiliser que pour les frais liés à ses déplacements professionnels.

« J’utilise ma carte uniquement lorsque je me rends à une conférence. Je ne savais pas que je pouvais l’utiliser pour me restaurer. Il faut une politique claire et elle doit être respectée. »

Paula Reed, commissaire

Face à ces révélations, le conseil municipal a voté en faveur d’un audit complet des transactions effectuées avec les P-Cards. L’auditeur municipal, Abinet Belachew, a été chargé de mener cette enquête approfondie.

« Je commencerai par examiner la politique de la ville concernant les cartes de voyage, puis j’analyserai les dépenses, en vérifiant la conformité de chaque reçu par rapport aux règles en vigueur », a expliqué Abinet Belachew.

Stacy Cantu s’interroge également sur la manière dont des entrepreneurs ont pu se voir attribuer des P-Cards. Elle estime que les politiques actuelles sont obsolètes et qu’un meilleur contrôle est nécessaire pour éviter les abus.

« Je comprends que ces politiques datent, mais il est impératif de mettre en place une surveillance rigoureuse. Nous ne pouvons pas permettre à chacun de dépenser librement l’argent public, et surtout, un entrepreneur ne devrait jamais posséder une carte de crédit municipale », a-t-elle insisté.

L’enquête a déjà révélé des transactions effectuées par des personnes n’étant pas des employés de la ville au cours des deux dernières années. Dans un cas précis, un utilisateur a dépensé plus de 76 000 $ (environ 69 000 €) en un an, avec des reçus provenant de restaurants, de magasins et de factures de téléphone, autant de dépenses non autorisées par la politique municipale. Cet utilisateur était employé par la marina du port d’Halifax.

Bien que deux cartes soient encore actives, le directeur municipal a assuré que celles-ci ont été bloquées. L’accord avec la marina ne prévoit en aucun cas l’attribution de cartes de crédit municipales à ses employés.

Le manuel des achats de 2006 interdit formellement certaines dépenses, telles que les réparations de véhicules, les frais de déplacement (hôtel, repas, billets d’avion), les avances de fonds et les frais de téléphone. La formation sur l’utilisation des P-Cards, disponible sur le site de la ville, rappelle également ces interdictions et précise que l’utilisation personnelle des cartes est passible de sanctions disciplinaires, pouvant aller jusqu’au licenciement.

Abinet Belachew a précisé qu’il doit d’abord achever un autre audit avant de pouvoir se concentrer sur les dépenses liées aux P-Cards, en raison du manque de personnel dans son bureau. Il a toutefois réaffirmé son engagement en faveur de la transparence et de la responsabilité.

« Je suis pleinement favorable à la transparence. Quiconque travaille pour une administration locale doit être transparent et responsable. C’est l’objectif principal de mon travail. »

Abinet Belachew, auditeur municipal

Le conseil municipal prévoit de consacrer un temps spécifique à la discussion et à la définition de directives concernant l’utilisation des P-Cards lors de sa prochaine réunion, mercredi prochain. Spectrum News a contacté Deric Feacher, directeur municipal de Daytona Beach, qui s’est engagé à fournir des informations complémentaires plus tard cette semaine.

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