Belém, Brésil – La COP30, qui s’est achevée à Belém le 23 novembre 2025, a abouti à un accord final jugé insuffisant par de nombreux observateurs, notamment en ce qui concerne l’abandon des énergies fossiles. Après des négociations nocturnes acharnées, la conférence a permis certaines avancées sur le financement climatique et l’adaptation, mais a laissé de côté des engagements plus fermes pour limiter le réchauffement planétaire.
Le principal point de blocage a été l’absence de feuille de route contraignante pour réduire progressivement l’utilisation du pétrole, du gaz et du charbon. Malgré les appels de près de 80 pays, l’accord final ne contient aucune mention directe des combustibles fossiles, se contentant d’une référence indirecte aux conclusions de la COP28 aux Émirats arabes unis. Cette absence a suscité de vives critiques de la part des organisations de la société civile et des pays les plus vulnérables au changement climatique.
« Certains pays portent une plus grande responsabilité que d’autres dans les crises climatiques et ont une plus grande responsabilité financière dans la lutte contre le changement climatique », a déclaré Wesley Githaiga, observateur de la société civile. « Il est difficile de trouver un équilibre entre les besoins des pays en développement vulnérables et les priorités économiques des pays riches développés. »
Les tensions entre les États producteurs de pétrole, notamment l’Arabie saoudite, et les pays d’Amérique latine, soutenus par l’Union européenne, ont paralysé les discussions lors des dernières heures de la conférence. La Colombie, le Panama et l’Uruguay étaient parmi les plus fervents défenseurs d’un engagement plus fort en faveur de l’abandon des combustibles fossiles.
Néanmoins, la COP30 a permis des avancées sur le financement climatique. Les pays développés se sont engagés à mobiliser 1 300 milliards de dollars par an d’ici 2035 pour l’action climatique, une augmentation significative par rapport à l’objectif précédent de 100 milliards de dollars. Des progrès ont également été réalisés sur l’objectif mondial d’adaptation, avec la suppression d’indicateurs jugés défavorables aux pays les plus pauvres.
« Belém a restauré une certaine intégrité de l’objectif mondial sur l’adaptation, en supprimant les indicateurs dangereux qui auraient pénalisé les pays les plus pauvres simplement parce qu’ils sont pauvres », a souligné Mohamed Adow, directeur de Power Shift Africa.
Par ailleurs, la conférence a vu la création d’un mécanisme d’action pour une transition juste, visant à accompagner les travailleurs et les communautés affectés par l’abandon des énergies fossiles. Le Fonds des Pertes et Dommages a également vu ses cycles d’opérationnalisation et de reconstitution confirmés.
Le président brésilien de la COP30, André Aranha Corrêa do Lago, a reconnu que les ambitions de certains pays n’avaient pas été pleinement satisfaites. Il a annoncé la publication de « textes parallèles » sur les combustibles fossiles et la protection des forêts, en dehors du processus formel de négociation.
La COP30 a également mis en lumière l’importance de la protection des forêts, avec un engagement de combler un déficit annuel de 66,8 milliards de dollars pour la protection et la restauration des forêts tropicales. L’accent mis sur les peuples autochtones et les communautés afrodescendantes a également été salué comme un pas en avant vers une approche plus inclusive de la lutte contre le changement climatique.
« La COP30 a montré que la coopération climatique est bien vivante », a déclaré Simon Stiell, secrétaire exécutif de l’ONU sur le changement climatique. « Malgré des vents politiques contraires, 194 pays sont restés solidaires pour soutenir la coopération climatique. »
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