Publié le 28 octobre 2025 03:10:00. Des fossiles de dinosaures à bec de canard découverts au Wyoming au début du XXe siècle révèlent des traces exceptionnellement bien conservées de peau, de piquants et même de sabots, grâce à un processus de fossilisation inhabituel impliquant de fines couches d’argile.
- Des paléontologues de l’Université de Chicago ont découvert que les fossiles d’Edmontosaurus annectens contenaient des impressions d’organes mous préservées sous une enveloppe d’argile.
- Ces « parties charnues » ne sont pas des restes de chair fossilisée, mais des moules d’argile formés par l’action de microbes lors de la décomposition.
- L’étude a permis d’identifier des caractéristiques inédites chez ces dinosaures, notamment la présence de sabots et une peau plus complexe que ce que l’on pensait auparavant.
L’analyse approfondie de spécimens d’Edmontosaurus annectens, un dinosaure herbivore reconnaissable à son long crâne en forme de bec de canard, a conduit à une découverte surprenante. Ces fossiles, exhumés dans l’est du Wyoming au début du XXe siècle, ne se limitaient pas à des os. Une récente réévaluation par des chercheurs de l’Université de Chicago, dont les résultats ont été publiés dans la revue Science, a révélé la présence de fragments de peau, de piquants et de sabots, incroyablement bien préservés, recouverts d’une fine couche d’argile.
Contrairement à la fossilisation classique des tissus mous, qui se produit généralement dans des environnements pauvres en oxygène comme les fonds marins, ce processus est dû à la formation de moules d’argile par des microbes lors de la décomposition des animaux. Ces couches d’argile, maintenues par du grès, ont agi comme un masque protecteur, préservant des détails anatomiques insoupçonnés.
Parmi les découvertes les plus notables figurent la momie d’un jeune E. annectens, la première momie de dinosaure subadulte et le premier grand dinosaure présentant un contour charnu entièrement préservé, incluant le cou et la crête du tronc. Le spécimen adulte, quant à lui, est le premier hadrosauridé à conserver toute la rangée de piquants de la queue et le premier tétrapode à sabots connu, révélant ainsi que ces dinosaures possédaient des pieds terminés par des sabots, une caractéristique jusqu’alors inconnue.
L’étude souligne également des similitudes fonctionnelles et morphologiques entre ces dinosaures et certains squamates modernes, l’ordre des reptiles comprenant les lézards et les serpents. La crête médiane et les extrémités de la queue, notamment, révèlent une « peau beaucoup plus complexe » que ce que les reconstructions traditionnelles laissaient supposer, offrant ainsi de nouvelles perspectives sur l’apparence et l’évolution de ces créatures préhistoriques.