La publication d’indicateurs économiques américains attendus n’a pas eu l’impact escompté sur les marchés des changes, tandis que les tensions commerciales et les prix du pétrole continuent de peser sur certaines devises, notamment le dollar canadien.
L’indice des prix à la consommation (IPC) américain, publié ce jour pour le mois de septembre, met fin à une période de manque de données fiables due à la fermeture des services statistiques. Cependant, les analystes ne s’attendent pas à une volatilité significative des taux de change. Les prévisions penchent pour une hausse de 0,3 % sur un mois, en accord avec le consensus des économistes (0,3 % / 3,1 %). Les prévisions pour l’IPC de base se situent également en ligne avec les attentes, à 0,4 % sur un mois.
Malgré les pressions inflationnistes dans certains secteurs, liées aux droits de douane, des facteurs tels que la baisse des prix des billets d’avion, de l’hôtellerie et du logement devraient freiner l’augmentation globale de l’IPC. Avec un taux d’inflation global et un taux de base proches de 3,0 %, les marchés anticipent une possible réduction des taux d’intérêt lors de la prochaine réunion de la banque centrale américaine. Toutefois, les marchés ont déjà intégré une hausse de 50 points de base d’ici la fin de l’année, et l’absence de données sur l’emploi rend difficile toute spéculation au-delà de la réunion de décembre.
Un facteur potentiellement plus déterminant pour les marchés des changes est l’impact des sanctions américaines sur les producteurs de pétrole russes. Des informations suggèrent que certaines raffineries en Inde et en Chine envisagent de suspendre leurs importations de pétrole russe. Une réduction significative de l’offre russe – ce qui n’avait pas été observé lors des précédentes sanctions – pourrait faire remonter le prix du baril de Brent dans une fourchette de 70 à 75 dollars américains (environ 64 à 68 euros). Un tel scénario entraînerait une appréciation notable du dollar. Jusqu’à présent, la hausse des prix du pétrole a surtout profité à la couronne norvégienne et exercé une pression sur le yen japonais, qui continue de minimiser les risques internes.
Concernant la zone euro, les indices des directeurs d’achats (PMI) devraient rester à un niveau acceptable. Les économistes anticipent une stabilisation au-dessus du seuil de 50, qui marque la croissance, malgré des prévisions de chiffres légèrement plus faibles en Allemagne. Les risques à la baisse pour l’euro face au dollar américain restent limités, mais ont légèrement augmenté en raison de la possibilité d’une nouvelle hausse des prix du pétrole. À court terme, le niveau de 1,16 dollar pour 1 euro devrait continuer à servir de point d’ancrage.
Le dollar canadien a subi des pressions après l’annonce par Donald Trump de la fin des négociations commerciales avec le Canada, en représailles à une campagne publicitaire anti-tarifaire financée par la province d’Ontario. L’impact initial a été relativement limité (une hausse de 0,2 %), car les négociations entre les États-Unis et le Canada étaient déjà au point mort et que le dollar canadien était considéré comme surévalué de plus de 2 % avant cette annonce.
Cette décision pourrait toutefois accroître la probabilité d’une nouvelle baisse des taux d’intérêt par la Banque du Canada la semaine prochaine. Les analystes prévoient une réduction de 25 points de base, en accord avec le consensus et les anticipations du marché (18 points de base). L’incertitude commerciale et les droits de douane américains existants pèsent lourdement sur les projets d’investissement et d’embauche des entreprises canadiennes. Le tableau économique global, combiné à des chiffres d’inflation supérieurs aux attentes en septembre, devrait convaincre la Banque du Canada de poursuivre sa politique monétaire accommodante. Il sera difficile pour la Banque du Canada de se fermer la porte à de nouvelles baisses de taux, ce qui devrait maintenir le dollar canadien faible. L’USD/CAD pourrait tester la barre des 1,410 à court terme, mais une faiblesse du dollar américain pourrait ramener la paire vers 1,38 d’ici la fin de l’année.
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