Home AffairesDouble hausse des taux d’intérêt par la BCE, les prêts hypothécaires menacés d’envolée

Double hausse des taux d’intérêt par la BCE, les prêts hypothécaires menacés d’envolée

by Amélie Bernard

Publié le 8 décembre 2025 à 10h37. La Banque centrale européenne (BCE) pourrait relever ses taux d’intérêt à deux reprises en 2027, selon une analyse du cabinet Schroders, une perspective confirmée par un membre du directoire de l’institution. Cette décision, motivée par une conjoncture économique européenne plus favorable que prévu, pourrait peser sur l’accès au crédit immobilier, notamment en Italie.

  • Schroders prévoit deux hausses de taux en 2027, ramenant le taux directeur à 2,5 %.
  • Isabel Schnabel, de la BCE, confirme l’absence de baisse des taux en 2026 et anticipe un resserrement de la politique monétaire.
  • L’Italie, avec sa faible croissance et son endettement, pourrait être particulièrement affectée par cette hausse des taux.

La période d’accommodement monétaire menée par la BCE semble toucher à sa fin. Les signaux convergent vers un changement de cap, avec une orientation désormais tournée vers un renforcement de la politique monétaire. En quelques jours, deux éléments majeurs ont confirmé cette tendance : une étude prospective de Schroders et des déclarations d’Isabel Schnabel, membre du comité exécutif de la BCE.

Selon le rapport de Schroders, le coût de l’emprunt ne devrait pas diminuer en 2026, mais au contraire, augmenter à deux reprises en 2027. Ces hausses permettraient de ramener le taux d’intérêt de référence à 2,5 %. Ces prévisions sont corroborées par les propos d’Isabel Schnabel, recueillis par Bloomberg. La responsable de la BCE, pressentie pour succéder à Christine Lagarde, a affirmé que Francfort ne prévoit pas de baisser les taux en 2026 et que l’évolution future sera marquée par un durcissement de la politique monétaire.

Cette perspective est de nature à inquiéter les acquéreurs potentiels et les emprunteurs à taux variable. Les taux d’intérêt de la BCE servent en effet de référence pour deux indices clés du marché du crédit :

  • l’Euribor, qui influence les prêts immobiliers à taux variable ;
  • l’Eurirs/Irs, qui détermine les taux des prêts hypothécaires à taux fixe.

Un resserrement de la politique monétaire de la BCE entraînerait donc une hausse de ces indices et, par conséquent, une augmentation du coût des crédits immobiliers. Cette situation est d’autant plus préoccupante pour le marché italien, qui, selon les données de l’ABI (Associazione Bancaria Italiana) d’octobre 2025, connaît déjà une augmentation des taux d’intérêt sur les prêts à l’habitat.

L’impact de cette hausse des taux se fera également sentir sur l’économie italienne dans son ensemble. La décision de la BCE de ne plus réduire le coût de l’argent repose sur deux constats au niveau de la zone euro :

  • une croissance du produit intérieur brut (PIB) supérieure aux attentes (+2,1 % en 2027) ;
  • une accélération de l’inflation (2,1 % en 2027).

L’Italie, en revanche, affiche une situation contrastée :

  • une croissance du PIB très faible et inférieure aux prévisions (+0,7 % en 2027) ;
  • une inflation stable (+2 % en 2027).

Notre pays bénéficierait donc davantage d’une politique monétaire expansionniste, susceptible de stimuler la croissance économique. L’Allemagne se trouve dans une situation similaire, mais elle compense le manque de baisse des taux grâce à un vaste plan d’investissement public, une option que l’Italie ne peut pas se permettre en raison de son niveau d’endettement.

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