Home AffairesDu café à l’électricité, le dernier rapport de l’IPC montre où l’inflation frappe le plus la classe moyenne

Du café à l’électricité, le dernier rapport de l’IPC montre où l’inflation frappe le plus la classe moyenne

by Amélie Bernard

Publié le 13 janvier 2026 à 23h30. L’inflation continue de peser sur le pouvoir d’achat des ménages américains, en particulier sur les dépenses alimentaires, malgré un léger ralentissement global des prix. Les experts s’inquiètent d’une possible stagnation de la confiance des consommateurs.

  • Le coût de la vie aux États-Unis a augmenté de 0,3 % en décembre, portant le taux d’inflation annuel à 2,7 %.
  • Les prix des aliments, tant à la maison qu’au restaurant, ont connu une hausse significative, de 0,7 % en un mois.
  • Une proportion croissante de familles américaines à revenu intermédiaire se sentent financièrement fragilisées, avec 69 % déclarant que leurs revenus ne suivent pas le coût de la vie.

L’inflation, bien que moins rapide qu’auparavant, continue de grignoter le budget des familles américaines. Les données publiées mardi révèlent une augmentation de 0,3 % de l’indice des prix à la consommation (IPC) en décembre, ce qui maintient le taux d’inflation annuel à 2,7 %, un chiffre supérieur à l’objectif de 2 % fixé par la Réserve fédérale.

C’est dans le domaine de l’alimentation que l’impact de l’inflation se fait le plus cruellement sentir. Les prix des produits alimentaires consommés à domicile ont augmenté de 2,4 % sur un an, tandis que les repas au restaurant ont vu leurs prix grimper de 4,1 % sur la même période. Cette situation est d’autant plus préoccupante que le budget alimentaire est difficilement compressible pour la plupart des foyers.

« Les données montrent que pour de nombreuses familles, les augmentations de prix des produits de première nécessité remettent à zéro leurs progrès. Même si les salaires ont techniquement suivi le rythme sur le papier, le sentiment de retard est devenu la norme, et cette pression continue pèse lourdement sur la confiance dans l’avenir. »

Glenn Williams, PDG de Primerica

Selon Glenn Williams, PDG de Primerica, l’impression de stagnation financière est généralisée, même parmi les ménages considérés comme ayant des revenus moyens. L’enquête “Financial Security Monitor” (FSM) de Primerica révèle que 60 % des personnes interrogées se sentent “stressées” et 44 % “découragées” par leur situation financière, l’inflation étant le principal facteur de stress.

Certains produits alimentaires ont connu des hausses de prix particulièrement marquées au cours des 12 derniers mois : le café (+19,8 %), le bœuf et le veau (+16,4 %), les bonbons et le chewing-gum (+10 %), les poissons et fruits de mer surgelés (+8,6 %), la laitue (+7,3 %) et les bananes (+5,9 %). À l’inverse, certains prix ont baissé, notamment celui des œufs (-20,9 %), des pommes de terre (-3,4 %), des produits de boulangerie surgelés et réfrigérés (-2,6 %) et du beurre et de la margarine (-2,2 %).

Si l’inflation sur les biens de consommation courante reste une préoccupation majeure, d’autres secteurs montrent des signes d’amélioration. Les prix des biens durables – produits pharmaceutiques, automobiles, électronique – n’ont pas augmenté en décembre. De plus, les prix de l’essence ont diminué de 3,4 % sur un an, offrant un certain répit aux automobilistes.

Cependant, les coûts de l’énergie restent élevés, avec une augmentation de 6,7 % du prix de l’électricité et de 10,8 % des services publics, ce qui se traduit par des factures de chauffage plus importantes pour de nombreux foyers.

Les experts restent prudents quant à l’interprétation de ces données. Cooper Howard, directeur de la recherche et de la stratégie sur les titres à revenu fixe au Schwab Center for Financial Research, souligne que les chiffres de l’IPC pourraient être légèrement biaisés en raison d’une interruption dans la collecte des données due à l’arrêt temporaire de l’administration américaine. Plus d’informations sur l’impact de l’IPC sur les consommateurs.

Cette inflation persistante pourrait inciter la Réserve fédérale à reporter davantage les baisses de taux d’intérêt. Les chances d’une baisse des taux en janvier sont actuellement estimées à seulement 2,8 %, selon l’outil CME FedWatch.

La situation financière des ménages américains reste donc fragile, avec une proportion croissante de familles à revenu intermédiaire se sentant dépassées par le coût de la vie. Selon les données de Primerica, 69 % des Américains à revenu intermédiaire estiment que leurs revenus ne suffisent pas à couvrir leurs dépenses, un chiffre qui reste stable par rapport à l’année précédente.

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