Les États-Unis ont mené une opération d’envergure en saisissant deux pétroliers liés au Venezuela, l’un au large de l’Islande et l’autre dans les Caraïbes, dans le cadre de leur stratégie visant à bloquer les exportations pétrolières vénézuéliennes. Cette action, qui s’accompagne de tensions diplomatiques avec la Russie, illustre la pression continue exercée par Washington sur Caracas.
Le pétrolier « Marinera », anciennement connu sous le nom de « Bella-1 », a été intercepté dans l’Atlantique Nord, près de l’Islande, après plus de deux semaines de poursuite. Selon les autorités américaines, le navire, immatriculé sous pavillon russe, était accompagné d’un sous-marin russe au moment de sa capture. L’équipage avait apposé un drapeau russe sur la coque dans une tentative de dissimulation, après avoir échappé à un blocus américain dans les Caraïbes.
« Les États-Unis poursuivent le blocus contre tous les navires de la Shadow Fleet qui transportent illégalement du pétrole vénézuélien pour financer des activités illégales et voler le peuple vénézuélien », a déclaré Pete Hegseth, secrétaire américain à la Défense. « Seul le commerce légitime et légal de l’énergie – tel que déterminé par les États-Unis – sera autorisé. »
Parallèlement, les garde-côtes américains ont pris le contrôle du superpétrolier « M Sophia », battant pavillon panaméen, dans les eaux latino-américaines. Ce navire, qui transportait du pétrole vénézuélien en direction de la Chine avec son transpondeur éteint, sera escorté vers les États-Unis pour être définitivement immobilisé, a précisé le Commandement Sud (Southcom) de l’armée américaine.
La Russie a fermement condamné la saisie du « Marinera », qualifiant l’opération d’« acte de piraterie ouverte ». Selon l’agence de presse Tass, le député russe Andrej Klishas a déclaré que « aucun État n’a le droit de recourir à la force contre des navires dûment immatriculés sur le territoire d’autres États », citant la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer de 1982.
Ces saisies interviennent dans un contexte de sanctions américaines imposées au secteur énergétique vénézuélien depuis 2019. Pour contourner ces sanctions, des commerçants ont recours à une flotte clandestine, composée de pétroliers qui dissimulent leur position ou qui sont déjà sanctionnés pour le transport de pétrole iranien ou russe.
Les États-Unis exercent une pression croissante sur le gouvernement vénézuélien, exigeant un « accès total » pour les entreprises américaines à l’industrie pétrolière du pays. Ces actions visent à affaiblir le régime de Nicolás Maduro et à rétablir un commerce énergétique légal avec le Venezuela.
La Grande-Bretagne a apporté un soutien opérationnel aux États-Unis lors de la saisie du pétrolier dans l’Atlantique Nord.