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Ebola dépasse 9 000 cas confirmés en RDC

L'épidémie de maladie à virus Ebola en République démocratique du Congo a franchi la barre des 9 000 cas confirmés avec plus de 4 000 décès, devenant la deuxième épidémie la plus…

Ebola dépasse 9 000 cas confirmés en RDC

L’épidémie de maladie à virus Ebola en République démocratique du Congo a franchi la barre des 9 000 cas confirmés avec plus de 4 000 décès, devenant la deuxième épidémie la plus importante de l’histoire du pays, après celle qui a frappé l’Afrique de l’Ouest entre 2014 et 2016, alors que la communauté internationale mobilise des milliards de dollars pour soutenir la riposte sanitaire en cours.

L’épidémie d’Ebola franchit le cap des 9 000 cas confirmés en République démocratique du Congo

Le dernier rapport publié par les autorités sanitaires congolaises place le cumul à 9 066 cas confirmés depuis le début de la flambée le 15 mai 2026, avec un taux de létalité de 48,3 %. La province de l’Ituri, dans l’est du pays, reste l’épicentre de cette crise sanitaire en concentrant plus de 70 % des contaminations.

Causée par la souche Bundibugyo, cette épidémie touche désormais 65 zones de santé réparties dans sept provinces. Les agences onusiennes et les organisations non gouvernementales constatent par ailleurs un impact collatéral lourd sur les populations vulnérables, notamment les enfants et les femmes enceintes dans les zones touchées par les violences.

La situation humanitaire est également marquée par des témoignages d’acteurs locaux engagés. L’évêque du diocèse de Goma et capitale de la province du Nord-Kivu, Mgr Willy Ngumbi, a publiquement décrit la détresse de la population locale, affirmant que la maladie aggrave considérablement les souffrances des habitants d’une région en proie à des conflits depuis plus de trente ans, tout en appelant à une issue pacifique et diplomatique pour mettre fin à la guerre.

Dans le même temps, les bilans officiels présentés lors des réunions de suivi du gouvernement congolais — avec la participation du ministre de la Santé Publique, Hygiène et Prévoyance Sociale, le Dr Samuel Roger Kamba, et de la ministre d’État, ministre des Affaires sociales, Actions humanitaires et Solidarité nationale, Ève Bazaiba Masudi — soulignent la poursuite de la campagne de vaccination dans les provinces du Bas-Uélé et de la Tshopo, en particulier dans les secteurs de Makiso-Kisangani et de Mangobo.

Ebola dépasse 9 000 cas confirmés en RDC
Photo : RFI

La Banque mondiale et les bailleurs internationaux renforcent les financements d’urgence

Face à l’ampleur de la crise, le Groupe de la Banque mondiale a annoncé un financement additionnel de 93 millions de dollars américains pour intensifier la lutte en République démocratique du Congo et renforcer la préparation sanitaire dans les pays voisins. Sur cette somme globale, 80 millions de dollars sont attribués directement à la riposte nationale congolaise afin de perfectionner la surveillance épidémiologique, d’optimiser les laboratoires et de soutenir les infrastructures médicales.

Les fonds additionnels permettent également l’acheminement de centaines de tonnes de médicaments, d’équipements médicaux, ainsi que la fourniture de tests diagnostiques ciblés et de véhicules pour les interventions d’urgence sur le terrain.

Les bailleurs internationaux se sont mobilisés à grande échelle. Les engagements financiers globaux dépassent désormais 2 milliards de dollars de promesses de dons, soutenus par les annonces du G20 et de partenaires bilatéraux. La France a notamment complété son aide avec 7 millions d’euros supplémentaires, portant sa contribution globale à 23 millions d’euros à la suite des annonces formulées lors de la Conférence nationale humanitaire à Paris par le ministre des Affaires étrangères français, Jean-Noël Barrot, tandis que les États-Unis maintiennent une contribution importante de 887 millions de dollars.

Les répercussions de la peur et de la désinformation sur la santé maternelle et infantile

La peur de la contamination et la persistance de fausses croyances compliquent le travail des équipes de terrain. Elles pensent que les médicaments que nous leur donnons contiennent le virus Ebola, a déclaré la surveillante générale Liliane Adronga à propos des réticences observées chez les patients, favorisant les retards de prise en charge (Zonebourse Suisse).

Cette situation entraîne un recul inquiétant de la fréquentation des structures de soins de santé primaire. Le Fonds des Nations unies pour la population a relevé une baisse de plus de 30 % des accouchements à l’hôpital dans les zones touchées, tandis que la mortalité maternelle en Ituri a bondi de près de 70 % entre mai et juillet comparativement à l’année précédente.

La crise touche également de plein fouet la population infantile. Les agences des Nations unies signalent que des milliers d’enfants ont perdu leurs parents ou se trouvent séparés d’eux, nécessitant la mise en place de structures d’accueil et de crèches spécialisées à proximité immédiate des centres de traitement pour surveiller les symptômes des plus jeunes.

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Photo : Zonebourse Suisse

La mobilisation des écoles et des communautés pour briser les chaînes de transmission

Dans les établissements scolaires du Nord-Kivu, le lavage obligatoire des mains est devenu une règle stricte pour protéger les élèves. À l’Institut Mukulya à Beni, les autorités scolaires rappellent que le respect des mesures barrières est indispensable pour éviter toute contamination au sein de la communauté éducative.

Néanmoins, des difficultés logistiques persistent. Les sous-divisions éducationnelles ont annoncé un ravitaillement progressif en eau pour remédier à ces carences.

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À propos de l’auteur: Sophie Martin

Sophie Martin suit les sujets de santé, de prévention, de recherche médicale et de politiques publiques. Ses articles rappellent les limites de l’information générale et encouragent la consultation de professionnels qualifiés.