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Ecole de police d’Amriswil : les Grisons retiennent deux aspirants – Actualité

by Nicolas Lefèvre

Publié le 9 décembre 2025 19:28:00. Une école de police suisse est secouée par des accusations de racisme et de sexisme, entraînant le renvoi de plusieurs aspirants policiers. Seul le canton des Grisons maintient ses candidats en formation, une décision qui suscite la controverse et un débat politique.

  • Cinq aspirants policiers issus de quatre corps cantonaux ont été écartés de l’école de police d’Amriswil suite à des signalements d’incidents racistes et sexistes.
  • Le canton des Grisons est le seul à ne pas avoir renvoyé ses deux étudiants, estimant que les accusations manquent de fondement.
  • La décision des Grisons provoque des réactions politiques, avec des appels à la transparence et à une tolérance zéro en matière de discrimination.

La police cantonale des Grisons fait figure d’exception dans le scandale qui frappe l’école de police d’Amriswil. Alors que les cantons de Saint-Gall et de Thurgovie, ainsi que la police municipale de Saint-Gall, ont immédiatement renvoyé leurs aspirants, les Grisons ont choisi de maintenir les siens en formation. Le commandant Walter Schlegel explique que les allégations ont été examinées en détail et jugées non fondées.

Tout est parti d’un signalement anonyme, début novembre, dénonçant des incidents présumés racistes et sexistes au sein de l’école de police. Une enquête interne a été ouverte, conduisant au renvoi de cinq étudiants. Werner Schlegel indique qu’il recherche désormais une nouvelle école de police pour les deux candidats grisonnais, afin qu’ils puissent achever leur formation et intégrer les rangs de la police cantonale.

Coin salon extérieur avec drapeaux sur un bâtiment.
Légende:
Les propos racistes et sexistes auraient été tenus à l’école de police d’Amriswil. Aucun des cinq élèves concernés n’est autorisé à retourner à l’école.
ÉCOLE DE POLICE DE LA SUISSE ORIENTALE

Le commandant de la police cantonale de Thurgovie, Jürg Zingg, également président du Concordat de police de Suisse orientale (Pôle Est), ne partage pas l’interprétation des faits des Grisonnais. Il estime que les cinq étudiants ont manqué à l’éthique policière, même si les faits reprochés peuvent varier d’un cas à l’autre.

« Nous n’avons jamais dit que tous les stagiaires de la police disaient ou publiaient exactement la même chose. »

Jürg Zingg, commandant de la police cantonale de Thurgovie

Pour Jürg Zingg, le simple fait que ces cinq étudiants ne soient pas autorisés à retourner à l’école est une conséquence suffisante. Il refuse de commenter plus en détail l’affaire, invoquant le secret de l’instruction.

La décision des Grisons a suscité des réactions vives sur la scène politique cantonale. Julia Müller, présidente du Parti socialiste des Grisons, a appelé à une tolérance zéro en matière de racisme et à une enquête approfondie sur les circonstances de cette décision.

« Ce ne sont pas des racistes. Il n’y a pas non plus d’attitude raciste perceptible. »

Walter Schlegel, commandant de la police cantonale des Grisons

Walter Grass, chef du groupe parlementaire de l’Union démocratique du centre (UDC), a également demandé une enquête complète, tout en soulignant la présomption d’innocence. Le directeur responsable de la sécurité, Peter Peyer, a quant à lui défendu la décision de la police cantonale, estimant que les allégations n’étaient pas suffisamment étayées pour justifier des sanctions disciplinaires. Il a toutefois souligné la nécessité d’une formation renforcée des aspirants policiers sur les questions de discrimination.

Les autres corps de police concernés maintiennent pour l’instant leur position initiale et ne souhaitent pas commenter davantage l’affaire. L’enquête interne se poursuit, et l’avenir des aspirants policiers renvoyés reste incertain.

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