Publié le 6 novembre 2025 12h33. Malgré une situation globalement solide, les banques allemandes sont confrontées à des risques croissants, notamment liés aux tensions géopolitiques et au ralentissement économique, avertit la Bundesbank dans son rapport annuel sur la stabilité financière.
- La Bundesbank met en garde contre une sous-estimation des risques pesant sur le système financier allemand, en particulier au sein des grandes institutions.
- Le secteur de l’immobilier commercial reste fragile, tandis que le marché résidentiel montre des signes de reprise après une période de baisse.
- L’augmentation de la dette publique, notamment pour financer les dépenses militaires, constitue un nouveau facteur de risque pour la zone euro.
L’environnement macrofinancier allemand s’est considérablement détérioré l’année dernière, selon le rapport de la banque centrale. Les conflits commerciaux, le fléchissement de la croissance économique et le risque de défauts de paiement sont autant de menaces qui pèsent sur la stabilité du système financier.
Michael Theurer, membre du directoire de la Bundesbank, a souligné que l’économie allemande est confrontée à des défis structurels et que les valorisations élevées des marchés boursiers et obligataires pourraient entraîner des corrections brutales des prix.
« L’économie allemande est confrontée à des défis structurels et les niveaux élevés de valorisation sur les marchés boursiers et obligataires font courir le risque de corrections plus importantes et soudaines des prix du marché. »
Michael Theurer, membre du directoire de la Bundesbank
Le risque de non-remboursement des prêts augmente, en raison d’un contexte économique morose. La Bundesbank estime que ces risques pourraient s’accentuer en raison des difficultés économiques et structurelles persistantes. Si les fonds propres des banques allemandes restent globalement solides, la banque centrale prévient contre une complaisance excessive, en particulier concernant les grandes institutions, dont les risques pourraient être sous-estimés.
Concernant l’immobilier, la situation est contrastée. Le marché de l’immobilier commercial reste fragile, malgré une récente stabilisation des prix. La tendance au télétravail et le développement du commerce en ligne continuent de peser sur la demande de bureaux et de commerces. En revanche, le marché résidentiel affiche des signes d’amélioration, avec une hausse des prix et du nombre de transactions. Les surévaluations observées en 2024 ont largement disparu.
Un autre facteur d’inquiétude est l’augmentation de la dette publique, notamment en raison des investissements massifs dans la défense. Si l’Allemagne est considérée comme relativement solide sur ce plan, d’autres pays de la zone euro rencontrent des difficultés plus importantes à honorer leurs engagements. Michael Theurer a insisté sur la nécessité d’une croissance économique stable et de réformes structurelles accompagnées de règles budgétaires rigoureuses pour assurer la viabilité de la dette.
« Pour que les dettes restent viables, l’Europe doit parvenir à une croissance économique stable et à long terme. Les réformes structurelles doivent être accompagnées de règles budgétaires crédibles et strictes. »
Michael Theurer, membre du conseil d’administration de la Bundesbank
L’Allemagne a, selon lui, une « responsabilité particulière en tant que modèle et point d’ancrage de la stabilité dans l’union monétaire ».
dpa/jm
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