L’ancien président américain Donald Trump a pris des sanctions contre le président colombien Gustavo Petro, ainsi que sa famille et son ministre des Affaires étrangères, après que Petro ait publiquement accusé les États-Unis d’être responsables de la mort d’un pêcheur colombien lors d’opérations militaires contre le trafic de drogue.
L’escalade de la tension a débuté suite à la mort d’Alejandro Carranza, un citoyen colombien, lors d’une des dix frappes américaines menées depuis le début du mois de septembre contre des navires soupçonnés de transporter de la drogue. Dans une publication sur les réseaux sociaux, Petro a dénoncé un « meurtre » et une violation de la souveraineté colombienne. « Ils ont commis un meurtre », a-t-il écrit, faisant référence à l’action américaine.
Au lieu de répondre aux accusations en présentant des preuves, l’administration Trump a choisi de riposter. En plus des sanctions, l’administration américaine a annoncé la suspension de l’aide financière à la Colombie. Cette décision place Petro aux côtés de personnalités comme Vladimir Poutine (Russie), Kim Jong Un (Corée du Nord) et Nicolás Maduro (Venezuela), qui ont également été ciblées par des sanctions personnelles.
Ces opérations militaires, qui ont causé la mort d’au moins 43 personnes à ce jour, s’inscrivent dans une stratégie plus large de l’administration Trump visant à lutter contre les cartels de la drogue, en particulier ceux opérant au Venezuela. Washington justifie le recours à la force par l’existence d’un prétendu « conflit armé non international » contre ces organisations criminelles.
Par ailleurs, l’administration Trump a renforcé sa présence militaire dans les Caraïbes, notamment en déployant un groupe aéronaval, dont un porte-avions, le vendredi dernier. Les États-Unis n’ont pas communiqué d’informations sur les critères utilisés pour sélectionner les cibles, se contentant d’affirmer qu’il s’agit de navires impliqués dans le trafic de drogue et occupés par des membres de cartels.
Des observateurs soulignent que ces actions pourraient être illégales et représentent une extension considérable des pouvoirs présidentiels. Il est inhabituel qu’un président puisse ordonner l’élimination de personnes considérées comme des ennemis, où qu’elles se trouvent dans le monde, sans justification claire. L’utilisation des sanctions comme instrument de représailles politiques, plutôt que comme outil de politique étrangère, est également critiquée.
