Publié le 6 décembre 2023 19:01:00. Moins de cinq minutes ont suffi à une jeune Australienne de 13 ans pour contourner la nouvelle loi interdisant l’accès aux réseaux sociaux aux moins de 16 ans, révélant les failles potentielles de cette mesure ambitieuse.
- Une adolescente a utilisé la photo de sa mère pour prouver son âge à Snapchat.
- Des experts s’inquiètent de l’efficacité de la technologie utilisée pour appliquer l’interdiction.
- La loi, scrutée à l’échelle internationale, suscite des craintes quant à l’isolement des enfants vulnérables.
L’Australie a mis en place cette semaine une interdiction sans précédent des réseaux sociaux pour les mineurs de moins de 16 ans, une politique présentée comme une avancée majeure dans la protection de la jeunesse en ligne. Pourtant, l’expérience d’Isobel, 13 ans, illustre déjà les difficultés à faire appliquer cette loi. La jeune fille a raconté avoir facilement déjoué le système de vérification d’âge de Snapchat en utilisant une simple astuce : une photo de sa mère.
« J’ai pris une photo de ma mère, je l’ai collée devant l’appareil photo et elle m’a laissé passer. Elle disait merci d’avoir vérifié votre âge », a-t-elle expliqué. Isobel a même entendu parler d’autres utilisateurs recourant à des célébrités, comme Beyoncé, pour tromper le système.
Sa mère, Mel, a pris la nouvelle avec humour. « Je lui ai envoyé un texto et je lui ai dit : ‘Hé maman, j’ai dépassé l’interdiction des réseaux sociaux’ et elle m’a dit : ‘Oh, espèce de singe’ », a raconté Isobel en riant. Mel avait déjà autorisé sa fille à utiliser TikTok et Snapchat, mais sous surveillance étroite, préférant cette solution à une utilisation clandestine.
L’interdiction visait à offrir aux parents un outil pour protéger leurs enfants des dangers du monde numérique. Cependant, l’incident impliquant Isobel a rapidement mis en lumière les limites de cette approche. Des experts et même les enfants eux-mêmes expriment des doutes quant à la viabilité et à la sécurité de cette politique, qui est suivie de près par la communauté internationale et observée avec inquiétude par les géants du web.
Les préoccupations portent notamment sur la fiabilité de la technologie employée pour faire respecter l’interdiction. On craint également qu’elle n’isole davantage les enfants vulnérables ou ne les pousse vers des espaces en ligne moins réglementés et potentiellement plus dangereux. La question centrale, posée à Canberra, dans les foyers australiens et au sein des entreprises technologiques du monde entier, est simple : cette loi fonctionnera-t-elle réellement ?
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