Home NouvellesLa Cour bloque le plan de la Garde nationale de Trump à Chicago, invoquant l’absence de menace de rébellion

La Cour bloque le plan de la Garde nationale de Trump à Chicago, invoquant l’absence de menace de rébellion

by Nicolas Lefèvre

Un juge fédéral a bloqué temporairement le déploiement de troupes de la Garde nationale dans la région de Chicago, estimant que l’administration Trump n’a présenté aucune preuve d’une menace de rébellion justifiant une telle intervention. Cette décision, rendue jeudi, est une victoire pour les autorités démocrates de l’Illinois et de la ville de Chicago, qui s’étaient vivement opposées à ce déploiement.

« Le tribunal a confirmé ce que nous savons tous : il n’existe aucune preuve crédible d’une insurrection dans l’État de l’Illinois, et il n’y a pas de place pour la Garde nationale dans les rues de villes américaines comme Chicago », a déclaré le gouverneur JB Pritzker.

La juge Rebecca Pallmeyer a estimé que l’administration Trump avait outrepassé ses prérogatives en violant le 10e amendement de la Constitution américaine, qui réserve certains pouvoirs aux États, ainsi que le 14e amendement, garantissant une procédure régulière et une protection égale devant la loi.

Le sort des troupes déjà présentes dans la région, notamment un contingent du Texas stationné près d’un centre de l’Immigration et des Douanes (ICE) à Broadview, reste incertain. Le ministère de la Défense n’a pas souhaité commenter la situation, invoquant une politique de non-commentaires sur les litiges en cours.

Contexte

La plainte a été déposée lundi par l’État de l’Illinois et la ville de Chicago alors que des membres de la Garde nationale du Texas et de l’Illinois se dirigeaient vers un centre de réserve de l’armée à Elwood, au sud-ouest de Chicago. Ces 500 soldats sont déployés depuis 60 jours. Des patrouilles ont été observées jeudi matin près du centre ICE de Broadview, un lieu où des affrontements occasionnels ont eu lieu entre manifestants et agents fédéraux ces dernières semaines.

L’administration Trump justifiait le déploiement par la nécessité de protéger les biens fédéraux et les forces de l’ordre, face à une situation qu’elle qualifiait de « nouvelle forme d’hostilité » de la part de manifestants. L’avocat du ministère de la Justice, Eric Hamilton, a affirmé devant le tribunal que la mission de la Garde nationale ne consistait pas à « résoudre tous les crimes à Chicago ».

Ce qui change

La juge Pallmeyer a fixé une audience téléphonique au 22 octobre pour déterminer si l’ordonnance bloquant le déploiement doit être prolongée de 14 jours. À ce stade, le rôle exact des troupes déjà présentes dans la région reste flou. Par ailleurs, une cour d’appel fédérale examinait jeudi la question du déploiement de troupes de la Garde nationale de l’Oregon à Portland, où des manifestations, bien que de faible ampleur, ont eu lieu devant un bâtiment de l’ICE.

Plusieurs États, dirigés par l’Iowa, ont exprimé leur soutien à l’administration Trump dans ces contestations judiciaires, tandis que d’autres, avec des procureurs généraux ou des gouverneurs démocrates, ont pris position contre.

Prochaines étapes

Il faudra surveiller la décision de la juge Pallmeyer concernant la prolongation de l’ordonnance bloquant le déploiement de la Garde nationale à Chicago. Les décisions rendues dans les affaires concernant l’Oregon et la Californie pourraient également avoir des implications importantes sur les pouvoirs du président en matière de déploiement de troupes sur le territoire national.

Par ailleurs, un juge fédéral a récemment estimé que les agents de l’ICE avaient à plusieurs reprises violé un accord de 2022 concernant les procédures d’arrestation. Cette décision pourrait entraîner la remise en liberté sous caution de centaines de personnes arrêtées dans la région de Chicago.

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