Home SantéLa musculation, clé pour les muscles, le système nerveux et la prévention du déclin cognitif ?

La musculation, clé pour les muscles, le système nerveux et la prévention du déclin cognitif ?

by Sophie Martin

Publié le 5 janvier 2024 à 09h00. L’entraînement en force, bien plus qu’un simple moyen de sculpter sa silhouette, se révèle essentiel pour la santé cérébrale, la longévité et même la prévention de maladies neurodégénératives, selon des experts interrogés dans le podcast J’ai un projet.

  • L’exercice de force stimule la production d’acétylcholine, un neurotransmetteur crucial pour la fonction cognitive.
  • L’entraînement physique génère un stress bénéfique pour l’organisme, favorisant la production d’antioxydants et renforçant le système immunitaire.
  • Le développement de la force, plus que la simple masse musculaire, est un indicateur clé de la santé et de la longévité.

L’entraînement en force s’impose de plus en plus comme un pilier du bien-être général, allant bien au-delà de l’amélioration des performances physiques. Des recherches récentes, analysées dans le podcast J’ai un projet, mettent en lumière son impact profond sur le cerveau et la capacité à vieillir en bonne santé.

Le docteur Antonio Hernández, spécialiste en nutrition et longévité, et le docteur Victor Béguéria, vulgarisateur scientifique, ont décrypté les dernières avancées dans ce domaine. Ils soulignent un lien croissant entre la force musculaire, la santé du système nerveux et la prévention des maladies neurodégénératives.

Selon le docteur Hernández, l’acétylcholine, un neurotransmetteur essentiel à la mémoire et à l’apprentissage, tend à diminuer avec l’âge, ce qui est associé à des troubles cognitifs comme la démence sénile et la maladie d’Alzheimer. Il explique :

« L’acétylcholine est le neurotransmetteur que nous perdons avec le temps et qui est associé à la démence sénile et à la maladie d’Alzheimer. »

Antonio Hernández, médecin spécialiste en nutrition et longévité

Il précise que chaque effort de force active la plaque neuromusculaire et stimule la libération de cette substance bénéfique pour le système nerveux, offrant ainsi un potentiel effet protecteur contre la détérioration cognitive.

L’exercice physique, et en particulier l’entraînement en force, génère également des espèces réactives de l’oxygène et des cytokines inflammatoires. Loin d’être néfastes, ces processus sont considérés comme bénéfiques. Le docteur Hernández insiste :

« Nous avons besoin d’un stress mécanique, métabolique et immunitaire pour que l’organisme devienne résilient. »

Antonio Hernández, médecin spécialiste en nutrition et longévité

Ce phénomène s’inscrit dans le cadre de l’hormèse adaptative, un processus par lequel l’organisme réagit à un stress modéré en produisant des antioxydants endogènes, tels que le glutathion et la catalase, essentiels à la protection du cerveau. Des études sont en cours sur le rôle de la « superoxyde dismutase » (SOD), une enzyme qui agit comme première ligne de défense contre les dommages cellulaires, dans des maladies comme la maladie de Parkinson et la sclérose latérale amyotrophique.

L’entraînement en force renforce également le système immunitaire, agissant comme un outil d’immunomodulation. Le docteur Hernández ajoute :

« L’exercice physique et les exercices de musculation sont immunomodulateurs et sont introduits au niveau oncologique en modulant le système immunitaire. »

Antonio Hernández, médecin spécialiste en nutrition et longévité

Le docteur Béguéria met en avant l’importance des facteurs neurotrophiques cérébraux. Il souligne que l’exercice physique est l’un des meilleurs moyens de prévenir le déclin cognitif, notamment grâce au facteur neurotrophique dérivé du cerveau (BDNF). Le BDNF, dont la production est stimulée par l’exercice, favorise la neurogenèse dans l’hippocampe, une zone du cerveau impliquée dans la mémoire et l’apprentissage.

Ce processus permet de créer une « réserve » neuronale, c’est-à-dire une masse neuronale initiale plus importante qui permet au cerveau de mieux résister aux effets du vieillissement et au développement de troubles cognitifs. Le docteur Béguéria illustre ce concept :

« Dans les études, la force semble nous en dire plus sur le risque de mortalité et de maladie que la masse musculaire elle-même. »

Victor Béguéria, médecin et vulgarisateur scientifique

Les experts soulignent que l’échec lors de l’exercice ne se situe pas tant dans les muscles que dans le système nerveux. Le docteur Hernández explique qu’un athlète atteint ses limites non pas lorsqu’il a épuisé ses muscles, mais lorsque son système nerveux commence à faiblir. Une gestion adéquate de l’intensité et de la fréquence de l’entraînement est donc essentielle pour en maximiser les bénéfices sans tomber dans la fatigue chronique.

Pour débuter, le docteur Béguéria recommande entre deux et trois séances de musculation par semaine, en combinant idéalement des exercices de cardio et de force :

« La meilleure routine d’exercice que nous puissions faire est celle qui combine à la fois cardio et force. »

Victor Béguéria, médecin et vulgarisateur scientifique

Il insiste sur l’importance d’adapter l’entraînement aux besoins et aux capacités de chacun, en tenant compte de l’intensité de l’effort et de l’objectif visé, qu’il s’agisse d’améliorer la santé générale ou d’augmenter la masse musculaire (hypertrophie).

Enfin, les spécialistes soulignent que la force est plus qu’une simple question de masse musculaire. Elle reflète la qualité des muscles, l’efficacité du système nerveux et la capacité à maintenir sa fonctionnalité au fil des années, ouvrant ainsi la voie à une vie plus saine et plus longue.

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