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La prochaine course à l’espace : Google prévoit également des centres de données IA en orbite

by Thomas Caron

Publié le 5 novembre 2023 à 06h16. Google rejoint la course à l’espace en envisageant de déployer des centres de données d’intelligence artificielle dans l’orbite terrestre, alimentés par l’énergie solaire, une initiative qui pourrait transformer le paysage du calcul haute performance.

  • Google développe le « Projet Suncatcher » pour installer des constellations de satellites dédiés aux calculs d’IA.
  • L’énergie solaire dans l’espace est jusqu’à huit fois plus productive qu’au sol, réduisant le besoin de batteries.
  • La prolifération des satellites soulève des inquiétudes quant aux risques de collisions et à la création de débris spatiaux.

Google s’apprête à franchir une nouvelle étape dans le développement de l’intelligence artificielle en explorant la possibilité de déplacer ses centres de données vers l’espace. Dans un article de blog, le département de recherche de l’entreprise américaine a dévoilé ses plans pour une première constellation de 81 satellites, baptisée « Projet Suncatcher ». Ces satellites, orbitant à une altitude de 650 km sur une orbite héliosynchrone, effectueront des calculs d’IA et seront alimentés par l’énergie solaire.

Cette annonce s’inscrit dans une tendance plus large, avec d’autres géants de la technologie comme Amazon et SpaceX qui explorent également des projets similaires. Jeff Bezos, par exemple, a également présenté des visions de centres de données d’IA orbitaux. Cependant, cette course à l’espace soulève des questions cruciales concernant la gestion des déchets spatiaux et la sécurité des infrastructures orbitales.

Selon Travis Beals de Google, le potentiel de production d’électricité dans l’espace est un argument clé pour justifier ces projets. Dans son article, il explique que les panneaux solaires dans l’espace peuvent être jusqu’à huit fois plus productifs qu’au sol, et que la disponibilité quasi-permanente de l’énergie solaire réduit considérablement le besoin de batteries. Des constellations de satellites équipés des processeurs Tensor de Google pourraient ainsi collaborer pour effectuer les calculs complexes requis par l’IA.

Les défis techniques ne sont pas négligeables, notamment la vitesse de transmission des signaux entre les satellites. Des tests ont déjà permis d’atteindre des débits de 800 Gbit/s dans les deux sens. Les coûts initiaux de déploiement constituent également un obstacle, mais Google estime que, dans une dizaine d’années, le lancement d’un kilogramme de charge utile dans l’espace ne coûtera plus qu’environ 200 dollars américains (environ 185 euros). À ce prix, les coûts de lancement et d’exploitation seraient comparables à ceux d’un centre de données terrestre.

Google prévoit de lancer deux prototypes en 2027 pour évaluer le fonctionnement des satellites dans l’environnement spatial. L’entreprise souligne également que les radiations ne devraient pas poser de problème majeur, les tests ayant montré que la technologie ne présente des faiblesses qu’après des doses totales supérieures à celles attendues pendant la durée de vie prévue des satellites (cinq ans).

Cependant, la question de la saturation de l’orbite terrestre et des risques de collisions est au cœur des préoccupations. Des experts ont identifié les 50 morceaux de débris spatiaux les plus dangereux, et un seul impact pourrait engendrer une cascade de débris, menaçant d’autres satellites. Ce risque est particulièrement préoccupant compte tenu de la multiplication des constellations de satellites, notamment pour l’internet par satellite, et pourrait bientôt s’ajouter aux centres de données décentralisés.

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