Publié le 24 mai 2024. Face aux incertitudes économiques mondiales, les dirigeants du Partenariat économique régional global (RCEP) ont réaffirmé l’importance de l’accord pour stabiliser le commerce en Asie et renforcer les chaînes d’approvisionnement.
- Le sommet du RCEP à Kuala Lumpur a souligné la nécessité de maintenir des marchés ouverts et transparents, en réponse aux tensions commerciales internationales.
- Les membres du RCEP s’engagent à accélérer la mise en œuvre complète de l’accord et à préparer une révision générale en 2027 pour aborder les nouveaux défis.
- La création d’un secrétariat permanent du RCEP, potentiellement basé à Jakarta, vise à institutionnaliser le suivi et le renforcement des capacités au sein du bloc.
Le risque de fragmentation économique en Asie s’étend bien au-delà de l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est (ASEAN). La santé économique de l’ASEAN est intrinsèquement liée à celle des grandes puissances d’Asie de l’Est – Chine, Japon et Corée du Sud – ainsi qu’à l’Australie et à la Nouvelle-Zélande. Selon les analyses régionales menées par des institutions comme le Bureau de recherche macroéconomique ASEAN+3 et le Fonds monétaire international, l’incertitude entourant la politique commerciale des États-Unis représente le principal obstacle à la croissance de l’ASEAN+3 d’ici 2026, malgré une demande intérieure qui reste solide.
Dans ce contexte, une réponse coordonnée de l’Asie de l’Est est cruciale pour préserver des marchés ouverts. C’est là que le RCEP joue un rôle déterminant. Il ne s’agit pas uniquement d’un accord commercial, mais d’une plateforme stratégique qui relie l’ASEAN à ses partenaires d’Asie du Nord-Est.
Le cinquième sommet des dirigeants du RCEP, tenu à Kuala Lumpur, a réaffirmé la capacité de l’accord à stabiliser le système commercial régional et à soutenir les chaînes d’approvisionnement. La déclaration finale des dirigeants a transmis trois messages clés qui, s’ils sont pleinement mis en œuvre et renforcés, pourraient faire du RCEP un instrument puissant pour l’ASEAN et ses partenaires régionaux.
En premier lieu, les dirigeants ont réaffirmé leur attachement aux principes de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) et leur engagement à maintenir le marché du RCEP ouvert, transparent, équitable et fondé sur des règles. Ce signal fort vise à contrer les mesures protectionnistes et discriminatoires susceptibles d’alimenter la fragmentation économique.
Deuxièmement, les dirigeants se sont accordés pour accélérer la mise en œuvre de toutes les dispositions du RCEP et s’engagent à ne prendre aucune mesure incompatible avec les obligations de l’accord. Ils ont également demandé la préparation d’une révision générale du RCEP, prévue pour 2027, afin d’examiner comment l’accord pourrait devenir une plateforme efficace pour traiter les enjeux émergents.
Troisièmement, les dirigeants ont évoqué des améliorations institutionnelles, notamment la création d’un secrétariat permanent du RCEP pour remplacer l’unité de soutien actuelle, de taille limitée. Cette initiative vise à transformer le suivi et le renforcement des capacités en tâches routinières plutôt qu’en activités ponctuelles. L’Indonésie a officiellement proposé d’accueillir ce secrétariat à Jakarta, une décision qui pourrait harmoniser le RCEP avec d’autres initiatives régionales menées au sein de l’ASEAN.
