Une frappe de drone survenue dans la région de Kherson, en Ukraine, a fait au moins 24 morts, dont un enfant, selon les autorités russes. Moscou accuse les forces ukrainiennes d’avoir ciblé un café et un hôtel dans un village occupé, suscitant des menaces de représailles et relançant les tensions dans le conflit.
L’incident s’est produit pendant le discours de Nouvel An du président russe Vladimir Poutine, peu avant minuit. Les images diffusées montrent des bâtiments gravement endommagés et des débris jonchant le sol. Selon les premiers éléments, l’attaque aurait visé la localité de Khorly, dans la région de Kherson occupée par les forces russes.
Les autorités russes affirment que 13 personnes, dont deux enfants, ont été hospitalisées avec des blessures. Initialement, un bilan plus élevé de plus de 50 blessés avait été annoncé. Des témoignages ukrainiens, relayés par la chaîne Exilenova+, suggèrent que l’attaque aurait ciblé un rassemblement de collaborateurs et de membres pro-russes célébrant le Nouvel An. « C’est le chaos total là-bas », a déclaré la chaîne.
Le journaliste ukrainien Andriy Tsaplienko a également évoqué l’attaque d’un café à Khorly, faisant état de « dizaines de morts » parmi les occupants. Il a soulevé la possibilité d’une provocation russe visant à compromettre les efforts de paix.
Moscou a dénoncé une « frappe nucléaire » et a promis des représailles. Dmitri Medvedev, ancien Premier ministre russe et actuel vice-président du Conseil de sécurité, a appelé à éliminer les « salauds bandéristes » (nationalistes ukrainiens), « où qu’ils se trouvent ». Le dirigeant fantoche installé par la Russie dans la région de Kherson, Vladimir Saldo, a affirmé que les corps des victimes étaient « presque entièrement brûlés », une description contestée par les images disponibles.
Les accusations russes ont été qualifiées de « risibles » par le porte-parole du ministère ukrainien des Affaires étrangères, Heorhii Tykhyi, qui a évoqué une tentative de Moscou de justifier une escalade du conflit. Une enquête menée par la CIA et la NSA aurait conclu que l’essaim de drones visait un site militaire et non une résidence de Poutine, comme l’affirme la Russie.
À ce stade, aucune confirmation indépendante de l’attaque contre l’hôtel et le café n’a été obtenue, et Kiev n’a pas immédiatement commenté l’incident. Il n’existe pas non plus de preuves indépendantes confirmant que les victimes étaient principalement des civils, comme l’affirme Moscou.
